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Face au cancer


Les sources de contamination

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Les substances ou produits à l’origine des cancers sont nombreux et largement présents dans le monde du travail. Plus les expositions sont longues, nombreuses et fortes, plus le risque est important.

Comment se contamine-t-on ?

Par inhalation

Le plus souvent, c’est par voie respiratoire qu’a lieu la contamination. Poussières et poudres en suspension, gaz, fumées, aérosols, vapeurs… de nombreux cancérogènes peuvent polluer l’air que l’on respire.

Par ingestion

La contamination par la bouche est plus rare. Toutefois, il est possible d’ingérer des particules de produits cancérogènes en portant ses mains souillées ou des objets contaminés à la bouche. Il est aussi possible d’avaler des particules qui se déposent sur le visage, en particulier sur les lèvres.

Par voie cutanée

Certains agents cancérogènes peuvent pénétrer dans l’organisme à travers la peau. La contamination peut avoir lieu lorsque le produit est manipulé à mains nues, mais aussi en recevant des projections du produit ou par contact avec un objet (chiffon imbibé) ou un plan de travail contaminé.

Classification en fonction du risque

La classification de l’Union européenne ne porte que sur les cancérogènes chimiques, qu’elle répartit en trois catégories :

les substances de catégorie 1, cancérogènes pour l’homme,
les substances de catégorie 2, sur lesquelles on dispose de données suggérant fortement un effet cancérogène, mais pas de preuve formelle,
les substances de catégorie 3, dites « préoccupantes », sur lesquelles on dispose d’éléments suggérant un effet cancérogène possible, mais pas encore assez d’informations.

La classification du CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) porte sur l’ensemble des agents cancérogènes dont elle distingue quatre catégories :

les agents du groupe 1, cancérogènes avérés pour l’homme,
les agents du groupe 2, probablement cancérogènes (2A) ou possiblement cancérogènes (2B) pour l’homme,
les agents du groupe 3, non classables (manque de données),
les agents du groupe 4, probablement non cancérogènes pour l’homme.

Seule la classification de l’Union européenne a une valeur réglementaire. Celle du CIRC permet seulement de dresser un état des lieux des connaissances sur les effets d’un agent donné.

Le travail de nuit

Un nombre croissant d’études suggère que le travail de nuit, en bouleversant le fonctionnement de notre horloge biologique, pourrait augmenter le risque de développer certains cancers, en particulier celui du sein. Le CIRC a d’ailleurs récemment publié un avis indiquant que les horaires de travail décalés qui entraînent une rupture du cycle naturel jour/nuit sont « probablement cancérogènes pour les humains ».

L'amiante

L’exposition aux fibres d’amiante augmente le risque de cancer de la plèvre (aussi appelé « mésothéliome »), l’enveloppe qui entoure les poumons. Elle augmente aussi le risque de cancer du poumon et, dans une moindre mesure, le risque de cancer du larynx (gorge), du péricarde (enveloppe qui entoure le cœur) et du péritoine (enveloppe qui entoure les viscères dans l’abdomen). Certaines données suggèrent qu’elle favorise aussi certains cancers du tube digestif. Environ 25 % des hommes actuellement retraités ont été exposés à l’amiante durant leur vie professionnelle. Les professions les plus touchées sont les salariés des industries de production et de transformation de l’amiante, les métiers du bâtiment, les chauffagistes, les travailleurs des chantiers navals et des chemins de fer, les carrossiers industriels, les mécaniciens automobiles, les tôliers-chaudronniers, les plombiers, les électriciens, les charpentiers, les soudeurs…

Les pesticides

L’association entre une exposition aux pesticides et un risque accru de cancer est encore à l’étude. Toutefois, des données suggèrent un lien « probable » ou « possible » entre certains pesticides et différents types de cancers. Plusieurs études apportent des données suggérant une association entre l’exposition aux pesticides et l’augmentation du risque de cancer du cerveau, de la thyroïde et du poumon. Une équipe française, soutenue par l’ARC, a également récemment identifié un lien moléculaire entre les pesticides et une forme de cancer du sang (lymphome). Enfin, certaines données suggèrent que les pesticides pourraient favoriser la survenue de cancers hormonodépendants (cancers du sein, de l’ovaire, du testicule et de la prostate). L’exposition professionnelle aux pesticides (présente ou passée, chez des travailleurs aujourd’hui retraités) concerne 1 à 2 millions de personnes en France.

Les poussières de bois

Le travail de transformation du bois, sciage et broyage, génère une quantité importante de sciures et de copeaux. Les activités de transport du bois et des déchets produits lors de sa transformation, ainsi que la fabrication d’objets et meubles en bois sont aussi génératrices de poussières. Or ces poussières sont à l’origine de maladies respiratoires et cutanées. Elles sont notamment à l’origine de cancers de la cavité nasale et des sinus (cancers naso-sinusiens). Le risque de développer un tel cancer serait 40 fois plus élevé chez les ébénistes et les menuisiers que chez les travailleurs non exposés à ce type de poussière. Les professions les plus exposées travaillent dans l’industrie du bois et du papier, les fabriques de meubles, la construction ou encore l’exploitation forestière...

Ce dossier a été réalisé en partenariat avec la FNATH, associaton des accidentés de la vie, représentant les victimes d'un cancer d'origine professionnelle. 

Crédit photo : iStockPhoto 

Dernière mise à jour : 08-02-2011

 

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