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Vivre avec (et après) un cancer de la thyroïde

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Le traitement à vie par une hormone thyroïdienne de remplacement est la principale conséquence de la prise en charge d’un cancer de la thyroïde.

L’hormonothérapie de substitution

Les hormones thyroïdiennes sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Le retrait de la thyroïde est nécessaire au traitement d’un cancer, mais il entraîne une hypothyroïdie définitive qui doit être corrigée par la prise de L-thyroxine (ou lévothyroxine). Il s’agit d’un traitement oral, quotidien et à vie. La posologie est déterminée selon le taux sanguin de TSH. Elle est adaptée au poids, à l’âge et au sexe du patient. Dans les premiers mois, l’objectif est de bloquer complètement la production de TSH car elle pourrait stimuler les cellules cancéreuses qui auraient échappé au traitement. Plus tard, lorsque le risque de récidive est moindre, les doses de lévothyroxine peuvent être diminuées.

Un premier bilan sanguin est réalisé un à deux mois après le début du traitement par lévothyroxine. Si nécessaire, la dose est augmentée ou diminuée ; un nouveau bilan est alors réalisé après un délai équivalent. Lorsque l’équilibre est constaté, la surveillance des taux sanguins est réalisée tous les 6 à 12 mois. Il est important de savoir que les besoins en hormones thyroïdiennes varient en fonction de certains paramètres : poids, âge du patient, traitements médicamenteux…  Il est donc possible de voir apparaître des symptômes liés à un surdosage ou un sous-dosage en hormones thyroïdiennes au cours de la vie. Si le patient perçoit un ou plusieurs symptômes de l’hypothyroïdie (frilosité, fatigue, prise de poids, difficultés de concentration, cheveux et ongles cassants, crampes…) ou de l’hyperthyroïdie (sueurs, irritabilité,  palpitations, perte de poids…), il doit consulter son médecin. Celui-ci adaptera la dose si nécessaire, en fonction du bilan sanguin et du taux de la TSH.

La surveillance des récidives

Neuf à douze mois après le traitement du cancer, un bilan clinique est réalisé pour vérifier l’absence de récidives. Il comporte deux examens :

une échographie cervicale. Elle permet de vérifier l’absence de cellules thyroïdiennes en place, qu’elles soient normales ou cancéreuses et de rechercher la présence de métastases.
un dosage de la thyréoglobuline. La thyréoglobuline est produite exclusivement par les cellules d’origine thyroïdienne, normales ou cancéreuses. Rechercher des traces de thyréoglobuline dans le sang permet de savoir si certaines cellules ont pu échapper au traitement. Ce dosage est souvent fait après traitement par rhTSH (TSH de substitution) pour augmenter l’activité de ces cellules résiduelles et donc mieux les détecter. Si le bilan est normal (absence d’adénopathies cliniques ou échographiques), les risques de récidives sont faibles. Dans le cas contraire, une prise en charge spécifique est proposée.

Crédit photo : Phanie / Burger : après les traitements, les bilans sanguins permettent à court terme de surveiller le taux d'hormone de substitution dans le sang et à long terme de surveiller les éventuelles récidives.

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Philippe Caron, chef du service endocrinologie du CHU de Toulouse. 

Dernière mise à jour : 18-04-2011

 

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