
Le plus souvent, la leucémie aiguë s’installe brutalement en quelques jours sans signes avant-coureurs. Elle peut parfois rester silencieuse, mais elle entraîne le plus souvent une altération rapide de l’état général et une association de symptômes qui traduit l’incapacité de la moelle osseuse à fabriquer les cellules normales du sang, en raison de la prolifération des cellules leucémiques.
D’autres signes, moins fréquents, peuvent aussi apparaître : augmentation de la taille des ganglions, augmentation de la taille de la rate ou du foie (symptômes le plus souvent indolores), des gencives enflées et douloureuses, petites lésions de la peau (leucémides).
Une leucémie peut être suspectée suite à une simple prise de sang, lorsque la numération formule sanguine (NFS) est anormale : l’analyse sanguine montre alors une baisse du nombre de globules rouges, de plaquettes et de polynucléaires. Elle peut aussi mettre en évidence la présence de cellules leucémiques au travers d’une quantité de globules blancs anormalement élevée.
Cependant, le diagnostic de leucémie aiguë ne peut se fonder uniquement sur cette analyse sanguine. Si les résultats de la numération formule sanguine laissent suspecter une leucémie aiguë, le patient doit être adressé à un centre d’hématologie spécialisé pour confirmer le diagnostic grâce à un myélogramme.
Le myélogramme est l’examen clé permettant de poser un diagnostic de leucémie aiguë. Il consiste à analyser les cellules de la moelle osseuse au microscope. Le prélèvement de moelle osseuse est effectué sous anesthésie locale, par ponction dans le sternum ou dans l’os du bassin (épine iliaque). Ce geste ne dure que quelques secondes mais peut être douloureux. Des antalgiques sont donc souvent prescrits en plus de l’anesthésie.
Le diagnostic est confirmé si l’analyse montre que la moelle contient plus de 20 % de cellules immatures. L’analyse morphologique des cellules permet alors de définir la sous-catégorie de leucémie aiguë. D’autres examens biologiques permettent d’obtenir des données complémentaires afin de mieux caractériser la maladie. C’est le cas notamment de l’étude des chromosomes des cellules anormales qui permet d’affiner le diagnostic et le pronostic, afin de choisir le meilleur traitement pour le patient.
Dossier réalisé avec le concours du Pr Didier Blaise du département d’onco-hématologie et de transplantation et thérapie cellulaire à l’Institut Paoli-Calmettes à Marseille et du Pr émérite Eliane Gluckman, directeur scientifique d’Eurocord, AP-HP, Université Paris VII Hôpital Saint-Louis à Paris.
Crédit photo : Cristina Pedrazzini/SPL/Phanie
Dernière mise à jour : 22-12-2011