Dans l’unité de recherche « Génétique et biologie des cancers » de l’Institut Curie, le Dr Anne-Vincent Salomon et ses collègues s’attèlent à caractériser au mieux les différentes formes de cancer du sein. Leur objectif : améliorer le diagnostic et la prise en charge des patientes concernées par la maladie.
Il est en effet bien établi qu’il n’existe pas un, mais une multitude de forme de cancers mammaires. Tous n’ont pas la même évolution, tous ne répondent pas de la même façon aux différents traitements disponibles. Ainsi, pour être en mesure de réaliser un diagnostic précis et de choisir la meilleure option thérapeutique, il est primordial de connaître précisément la nature du cancer dont une patiente est atteinte.
Longtemps, les diagnostics se sont uniquement appuyés sur la morphologie des cellules tumorales. Aujourd’hui, il est aussi possible de prendre en compte des caractéristiques bien plus spécifiques : les anomalies moléculaires associées au cancer. Toutefois, de telles anomalies n’ont pas encore pu être identifiées pour toutes les formes de cancers du sein jusqu’ici décrites.
Et si la découverte de nouvelles caractéristiques moléculaires associées à des sous-types particuliers de cancer du sein permettrait d’améliorer les diagnostics, elle faciliterait aussi la mise au point de traitements ciblés innovants : contrairement aux chimiothérapies classiques qui s’attaquent à toutes les cellules qui se divisent intensément, ces médicaments agissent spécifiquement sur les cellules cancéreuses, en ciblant une anomalie moléculaire qui les caractérisent. A la clé de ces traitements, une plus grande efficacité anti-tumorale et moins d’effets secondaires.
Actuellement, le Dr Anne-Vincent Salomon et ses collègues s’intéressent notamment à un sous-type particulier de cancer du sein, les carcinomes micropapillaires infiltrants. Il s’agit d’une forme de cancer mammaire rare mais grave, avec un risque de rechute et de métastases très important.
Les chercheurs travaillent à partir d’une cinquantaine d’échantillons de carcinomes micropapillaires infiltrants prélevés à des patientes. Ils vont notamment séquencer l’intégralité du génome de ces échantillons, à la recherche de spécificités génétiques permettant de les caractériser et, pourquoi pas, constituant de nouvelles cibles thérapeutique.
Crédit photo : IstockPhoto