A la faculté de médecine de Dijon, le Dr François Ghiringhelli et son équipe* cherchent à comprendre comment les chimiothérapies modifient l’activité du système immunitaire des patients atteints de cancer. L’objectif de ces travaux est de trouver comment faire pour que les chimiothérapies agissent non seulement en détruisant les cellules cancéreuses, mais aussi en stimulant l’activité des cellules immunitaires capables de s’attaquer aux tumeurs.
Notre système immunitaire est capable de reconnaître les cellules cancéreuses et de s’y attaquer pour les détruire. Malheureusement, les tumeurs ont quant à elles la capacité d’empêcher cette activité du système immunitaire, afin de favoriser leur croissance. On parle alors de « tolérance immunitaire » : le fonctionnement du système immunitaire est modifié de manière à « tolérer » la présence d’une tumeur dans l’organisme.
Les chimiothérapies peuvent agir sur ce phénomène : elles peuvent participer à la mise en place de la tolérance immunitaire en exerçant un effet toxique sur les cellules immunitaires et/ou en déclenchant un mécanisme qui va bloquer la réponse immunitaire anti-tumorale. Elles peuvent aussi induire des modifications qui vont au contraire être défavorables à la tumeur : certaines chimiothérapies semblent en effet capables de s’opposer à la mise en place de la tolérance immunitaire. Dans ce cas, la chimiothérapie apporte un double bénéfice au patient : elle détruit les cellules tumorales et permet au système immunitaire de s’y attaquer lui-aussi.
Cette situation idéale est précisément l’objet des recherches du Dr Ghiringhelli. En collaboration avec les équipes des Dr Christophe Borg (Besançon) et Carmen Garrido (Dijon), il étudie les effets d’une chimiothérapie utilisée dans le traitement du cancer du côlon : le 5-fluorouracil. Le médicament semble en effet capable d’éliminer les cellules utilisées par les tumeurs pour museler le système immunitaire.
*« Chimiothérapie et réponse immunitaire antitumorale » - Centre de recherche INSERM, UMR 866