Le traitement d’un cancer du sein dépend de la nature, de la localisation et du stade de la maladie. Le médecin tient également compte de l’âge et de l’état général de la patiente.
Il existe plusieurs approches permettant la prise en charge d’un cancer du sein. Elles peuvent être utilisées seules ou en association.
Les thérapies ciblées forment une classe innovante de médicaments anticancéreux : à l’inverse de la chimiothérapie, ils agissent spécifiquement sur les cellules cancéreuses en ciblant une caractéristique propre à celles-ci, ou tout du moins largement plus fréquente chez elles que dans les cellules saines. Ce type de traitement permet en principe d’obtenir une meilleure efficacité, tout en réduisant le risque d’effets secondaires.
Le trastuzumab (Herceptin®) est un anticorps monoclonal qui cible les cellules cancéreuses qui produisent en trop grande quantité la protéine HER2. Il est utilisé seul, après une radiothérapie, ou en association à une chimiothérapie adjuvante. Le traitement est administré par perfusion d’environ 30 minutes, selon un rythme variable (une fois par semaine à une fois toutes les trois semaines). Il est généralement maintenu durant un an. Plus récemment, le lapatinib a été développé : il s’agit d’une autre molécule ciblant la protéine HER2.
Dans les cancers métastatiques, le bévacizumab est utilisé pour bloquer les récepteurs VEGFR. Les VEGFR sont des récepteurs qui favorisent le développement de nouveaux vaisseaux à proximité de la tumeur. La tumeur est ainsi mieux approvisionnée en oxygène et croît plus vite. Bloquer ces récepteurs permet d’inhiber la croissance de ces nouveaux vaisseaux et limite donc la progression tumorale. Le bévacizumab est toujours utilisé en association avec la chimiothérapie.
Les effets secondaires les plus fréquemment rapportés sous thérapie ciblée sont la fatigue, la fièvre, les maux de tête et les douleurs abdominales. Certains d’entre eux peuvent être limités par des traitements appropriés.
Les anticorps monoclonaux peuvent également entraîner l’apparition de troubles cardiaques : un suivi régulier est préconisé pendant toute la durée du traitement. Le lapatinib peut, quant à lui, entraîner un risque d’hépatite. Les marqueurs de la bonne activité du foie sont donc dosés régulièrement au cours du traitement, une échographie ou une scintigraphiecardiaque régulière est également proposée.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Marc Espié, Maître de Conférence des universités, praticien hospitalier et responsable du centre des maladies du sein à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.
Dernière mise à jour : 22-12-2011