En pratique, seuls 10 à 15 % des cancers du pancréas sont opérables.
L’équipe médicale qui prend en charge le patient utilise plusieurs éléments afin d’évaluer si le cancer est opérable.
Le déroulement de l’interventionLorsqu’elle est possible, la chirurgie est réalisée sous anesthésie générale. Elle peut être pratiquée après laparotomie, technique classique nécessitant l’ouverture de l’abdomen du patient. Elle peut aussi être pratiquée par cœlioscopie. Dans ce dernier cas, l’incision réalisée mesure quelques millimètres seulement et permet d’insérer des instruments chirurgicaux miniaturisés. L’ampleur de l’intervention est réduite.
Avant l’ablation de la tumeur en elle-même, le chirurgien s’assure que rien n’a échappé à l’imagerie préopératoire, comme par exemple de petites métastases locorégionales. Il inspecte également l’environnement immédiat de la tumeur et les vaisseaux sanguins voisins. Parfois, malgré la taille réduite de la tumeur, ses caractéristiques ne permettent pas son retrait. Dans ce cas, le médecin se contente de dégager les voies biliaires et digestives qui sont, ou pourraient, être bloquées par la tumeur, afin de réduire les symptômes liés à la maladie (ictère, vomissements, …)
Si la tumeur peut être retirée, le chirurgien adapte la procédure à la zone du pancréas atteinte :
Dans les deux cas, les ganglions lymphatiques qui drainent la zone du pancréas sont retirés pour limiter les risques de dissémination de cellules cancéreuses qui auraient pu migrer depuis le pancréas jusqu’à ces ganglions.
Après l’opération, le patient reste en réanimation durant quelques jours puis il rejoint le service dans lequel il a été admis.
Durant les tous premiers jours, la douleur du patient est prise en charge par un traitement adapté. Une sonde urinaire est posée pour éliminer les urines. Une perfusion est aussi mise en place dans une veine du bras. Elle permet de nourrir le malade en attendant que le système digestif retrouve sa fonctionnalité.
C’est seulement après quelques jours, et lorsque les signes d’un retour normal du transit sont observés (gaz), que le patient reprend progressivement une alimentation normale. Les premières selles peuvent être diarrhéiques et contenir des traces de sang liées à l’opération.
La complication la plus grave est l’apparition de fistules : ces lésions sont dues à une mauvaise cicatrisation de la zone opérée du pancréas. Le liquide pancréatique s’en échappe et peut s’épancher localement ou se répandre dans la plèvre (l’enveloppe qui entoure les poumons). Il existe alors un risque d’infection qui doit être contrôlé. En cas de fistules, le patient est réopéré.
Le cancer du pancréas expose à un risque significatif de rechute. En conséquence, des traitements post-chirurgicaux, dits «adjuvants», sont prescrits. Il s’agit de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Ces deux modes de traitements réduisent les risques de rechute en détruisant les cellules cancéreuses qui pourraient persister localement ou qui ont pu se disséminer ailleurs dans l’organisme, sans pour autant être visibles par l’imagerie.
Deux cas de figures peuvent se présenter après analyse des tissus retirés :
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Philippe Ruszniewski, chef du service de Gastroentérologie Pancréatologie de l’Hôpital Beaujon (Clichy).
Crédit photo : Barry Slaven / BSIP : lorsque la tumeur est opérable, la chirurgie peut-être pratiquée par coelioscopie.
Dernière mise à jour : 21-03-2011