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Les situations héréditaires à risque

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Il existe trois grandes catégories de prédispositions génétiques :

1. Les formes familiales de cancers fréquents

Les cancers d’origine héréditaire sont majoritairement des cancers du sein, de l’ovaire, du côlon ou de la prostate. Une origine héréditaire est suspectée lorsqu’un même type de tumeur est retrouvé chez plusieurs membres proches de la famille (fratrie, ascendance et descendance directe, parents germains), souvent à un âge précoce (40-50 ans).

Cancer du sein et/ou de l’ovaire : 5 à 10 % de ces tumeurs seraient liées à une prédisposition génétique. BRCA1 et BRCA2 sont les deux gènes (des suppresseurs de tumeurs) le plus souvent impliqués. Lorsqu’ils sont mutés, le risque de cancer du sein est de 50 à 80 %, contre 10 % dans la population générale. Celui du cancer de l’ovaire est de 15 à 40 %, contre 1,4 % dans le reste de la population.
Cancer colorectal : environ 3 % des tumeurs du côlon et du rectum seraient liées à une prédisposition génétique. On parle de cancer colorectal héréditaire sans polypose (HNPCC) ou syndrome de Lynch. Dans la vaste majorité des cas, les gènes impliqués sont des gènes de la famille MMR (MSH2, MLH1, MSH6). Les personnes présentant une mutation de l’un ces gènes ont un risque de cancer colorectal de 40 à 70 % avant l’âge de 70 ans. Ces mutations augmentent également le risque des tumeurs de l’endomètre (prés de 30 %) et, dans une moindre proportion, celui d'autres cancers (estomac, intestin grêle, voies biliaires et urinaires, ovaires).
Cancer de la prostate : 10 % des cancers prostatiques surviennent dans un contexte fami­lial. Il existe pour cette prédisposition une grande hétérogénéité génétique, c'est-à-dire que les gènes responsables sont multiples et encore assez mal connus.
Mélanome : une prédisposition fami­liale est impliquée dans 10 % des cas de mélanome (cancer de la peau). Les gènes qui ont été identifiés sont les gènes P16 et CDK4.

2. Les formes familiales de cancers rares         

Plusieurs cancers rares peuvent avoir une origine héréditaire. Le rétinoblastome a été la première des tumeurs identifiée comme telle. Il s’agit d’un cancer de la rétine qui survient chez un enfant sur 20 000, avant l’âge de 5 ans. La maladie est due à la mutation du gène RB1. Cette maladie est généralement héréditaire, liée à la transmission d'une copie du gène défectueux. D’autres anomalies génétiques exposent à un risque de tumeurs héréditaires rares : la mutation du gène WT-1 est responsable de cancers du rein (tumeur de Wilms), celle du gène P53 entraine diverses tumeurs (syndrome de Li-Fraumeni), celle des gènes Menine ou RET est associée à des néoplasies endocriniennes…

3. Les maladies héréditaires à risque d’évolution cancéreuse :

Dans ce groupe de prédisposition génétique, la maladie qui est transmise n’est pas tumorale. Elle correspond soit à un état précancéreux, soit à une mala­die qui peut dégénérer vers un cancer.

La polypose colique familiale est une maladie héréditaire (mutation du gène APC) responsable de la prolifération de polypes dans les intestins. Les polypes sont des excroissances sans gravité mais qui peuvent évoluer vers un cancer s’ils ne sont pas retirés par chirurgie endoscopique.
L'ataxie télangiectasie est une maladie héréditaire qui cause des troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements. Liée à une mutation du gène ATM, elle est aussi associée à un risque accru de cancers (leucémies, cancers du cerveau…).

D’autres maladies héréditaires évoluent aussi vers des pathologies tu­morales, comme la trisomie 21 (qui peut êtres associée à des leucémies), ou la maladie de Von Hippel-Lindau, qui touche l’œil et le cerveau et qui peut conduire secondairement à un cancer du rein.

Comment savoir ?

L’accumulation de plusieurs cancers dans une même famille n’est pas obligatoirement liée à une origine génétique. Et même lorsqu’une mutation qui augmente le risque de cancer circule dans une famille, elle n’est pas systématiquement portée par tous les membres de cette famille. Les consultations d’oncogénétique permettent aux personnes appartenant à une famille à risque de savoir si elles sont porteuses d’une prédisposition génétique avérée.

Crédit illustration : Phanie - Cette illustration représente le caryotype d'une femme. En analysant le génome d'un grand nombre d'individus, les scientifiques ont mis en évidence une cinquantaine de gènes dont des mutations peuvent induire un risque de cancer.

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Pascal Pujol, responsable de l'unité d'oncogénétique, CHU de Montpellier et CRCM Val d'Aurelle. 

Dernière mise à jour : 18-04-2011

 

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