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Les facteurs de risque du cancer du foie

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En Europe, environ 80 % des carcinomes hépatocellulaires se développent chez des personnes souffrant d’une cirrhose, qu’elle soit d’origine alcoolique, liée à une infection (hépatite B ou C) ou à une autre maladie.

La cirrhose

La cirrhose est une altération progressive et irréversible du fonctionnement hépatique. Cette maladie est le résultat d’une inflammation chroni­que du tissu hépatique, due à une maladie hépatique d’origine infectieuse, comportementale ou génétique. L’inflammation conduit à la formation d’un tissu fibreux qui envahit peu à peu le foie. On parle de cirrhose lorsque la maladie devient très évoluée.

Plus la cirrhose est  ancienne et plus le risque de cancer est élevé. Il arrive cependant que certaines personnes développent une tumeur dès le stade de fibrose. À l’inverse, toutes les personnes atteintes de cirrhose ne développent pas forcément de cancer du foie. Globalement, le risque d’hépatocarcinome des patients cirrhotiques est de 2 à 4% par année d’évolution.

Le rôle des virus

Dans le monde, les virus de l'hépatite B (VHB) et de l'hépatite C (VHC) constituent la première cause de carcinome hépatocellulaire. Les virus peuvent en effet entraîner une infection chronique qui augmente le risque de cirrhose et, par la suite, de cancer du foie. Les malades infectés par le VHB qui ne présentent pas de cirrhose ont un risque faible  de cancer du foie alors que ce risque est très élevé chez les malades infectés qui ont développé une cirrhose. Afin d’être en mesure de détecter un éventuel cancer le plus tôt possible (à un stade curable), un suivi régulier par échographie est recommandé aux personnes infectées et atteintes de cirrhose.

L’alcool

La consommation d’alcool entraîne une accumulation de graisse dans le foie, puis la formation de lésions qui évoluent en cirrhose. Le risque de cirrhose existe à partir d’une consommation régulière de 3 à 4 verres d’alcool par jour chez la femme, et de 5 verres chez l’homme. Il augmente progressivement avec la durée de la consommation.  

La stéatose hépatique non alcoolique

La stéatose hépatique non alcoolique (NASH pour « non alcoholic steatohepatitis ») est une maladie que l’on retrouve essentiellement chez les personnes en surpoids ou obèse, souffrant de diabète et/ou de dyslipidémie. Elle correspond à une accumulation de graisses dans le foie qui va provoquer une inflammation locale évoluant en cirrhose. Elle augmente ainsi le risque de cancer du foie.

L’hémochromatose génétique

L’hémochromatose héréditaire (HH) est une maladie qui conduit à un stockage excessif du fer provenant des ali­ments. Son évolution entraîne des lésions hépatiques graves, telles que la cirrhose. De ce fait, elle expose au risque de cancer du foie. D'une manière générale, toutes les maladies chroniques du foie qui peuvent se compliquer en cirrhose exposent au risque de cancer du foie.

L’aflatoxine B1

Cette substance toxique est produite par un champignon de type aspergillose. Ce champignon prolifère dans le maïs, les cacahuètes ou encore les graines de coton, cultivés dans les pays chauds et humides d’Asie et d’Afrique subsaharienne. Ingérée régulièrement, cette substance crée des lésions au niveau du foie qui évoluent en cirrhose.

Un fléau mondial

Dans de nombreux pays en développement, l’accès à la vaccination anti-VHB est inexistant et les virus de l’hépatite – très contagieux – sont largement répandus. En conséquence, on estime que 350 millions de personnes sont infectées par le VHB et 170 millions par le VHC à travers le monde. Ces chiffres expliquent pourquoi l’hépatocarcinome est un des cancers les plus fréquents à l’échelle mondiale. On évalue à plus de 500 000 le nombre de nouveaux cas annuels, principalement en Asie et en Afrique.

Crédit photo : Phanie / CNRI / SPL : cette illustration représente le virus de l'Hépatite B (ici, observé par microscopie électronique à balayage) et celui de l'hépatite C sont répandus dans les pays en développement et constituent la première cause mondiale de cancer du foie.

Dossier réalisé avec le concours du Docteur Jean Faivre, médecin au service d'hépato-gastro-entérologie au CHU de Dijon. 

Dernière mise à jour : 18-04-2011

 

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