Les rayonnements ionisantsL’exposition à des rayonnements radioactifs est le principal facteur de risque de cancers de la thyroïde (principalement papillaires). Suite aux bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, ainsi qu’après l’accident de Tchernobyl, une augmentation importante du nombre de cas a été observée dans les populations locales. Ces cancers sont apparus plusieurs années, voire plusieurs dizaines d’années après l’irradiation. Ces catastrophes ont montré que le risque de cancer était d’autant plus élevé que la dose de rayonnements reçue était élevée et que l’âge des personnes était faible. Les moins de 20 ans, à fortiori les enfants de moins de 10 ans, ont en effet été les plus touchés.
L’exposition aux rayonnements utilisés en médecine peut elle aussi augmenter le risque de cancer de la thyroïde : des doses de radiothérapie reçues pour traiter un cancer ou, dans une moindre mesure, des doses faibles utilisées en imagerie médicale (radiographie, scanner…) ont un impact. Là encore, le risque est plus élevé pour les enfants que pour les adultes.
D’autres facteurs pourraient être impliqués dans le développement des cancers de la thyroïde. Il est d’ores et déjà établi que 25 % des cancers médullaires de la thyroïde sont d’origine génétique, et le rôle éventuel d’autres facteurs génétiques, hormonaux ou nutritionnels est actuellement étudié.
L’augmentation du nombre de cas de cancers de la thyroïde observée ces dernières années en France peut-elle être liée aux retombées de l’accident de Tchernobyl datant de 1986 ? Selon les conclusions de l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) et de l’Institut de veille sanitaire (InVS), cette hypothèse est peu probable. Il apparaît en effet que le nombre de nouveaux cas avait commencé à augmenter avant l’accident de Tchernobyl. Par ailleurs, l’Alsace qui a été la région la plus exposée aux retombées du nuage radioactif est celle où les cancers de la thyroïde sont les moins nombreux.
Pour les experts, l’augmentation du nombre de cas de cancers thyroïdiens serait donc plutôt liée à la modification des pratiques médicales pour le diagnostic : il est en effet aujourd’hui possible de repérer des tumeurs de petites tailles qui seraient autrefois restées « invisibles ». Par ailleurs, les examens d’imagerie médicale (échographie, scanner…) sont de plus en plus courants.
Crédit photo : BSIP / Lissac : l'illustration représente l'exposition à des radiations chez l'enfant qui est un des facteurs de risque identifiés de cancer de la tyhroïde.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Philippe Caron, chef du service endocrinologie du CHU de Toulouse.
Dernière mise à jour : 18-04-2011