L’exposition solaire représente le facteur de risque majeur de cancer cutané, quel qu’il soit. C’est d’ailleurs parce que l’exposition au soleil est de plus en plus fréquente et de plus en plus précoce que le nombre de cancers de la peau augmente régulièrement. On voit apparaître ces tumeurs chez des personnes de plus en plus jeunes, voire même chez les enfants… La protection solaire est donc primordiale.
La nature du risque dépend du type d’exposition : une exposition prolongée au soleil, comme celle de certaines professions de plein air, favorise l’apparition des carcinomes spinocellulaires. En revanche, l’exposition intermittente et forte entraîne des coups de soleil qui, à terme, favorisent le développement des mélanomes. Le risque est donc particulièrement fort pour les vacanciers, lors de leurs loisirs estivaux.
Derrière les rayons du soleil, se cachent les rayons ultraviolets (UV), c’est-à-dire des rayonnements énergétiques qui peuvent induire des mutations potentiellement cancérogènes du matériel génétique (ADN) des cellules cutanées. On distingue principalement les UVB et les UVA. Ces rayons n’ont pas la même énergie et leur capacité à induire des mutations génétiques est donc différente. Mais, même avec un pouvoir moindre, les UVA restent potentiellement dangereux. L’usage d’UVA artificiels dans des cabines de bronzage est donc fortement déconseillé ; il est même interdit aux mineurs.
Soumis à une exposition solaire identique, tous les individus n’ont pas le même risque de développer un cancer cutané. En effet, celui-ci dépend de la façon dont la peau réagit aux rayons UV, c’est-à-dire de son phototype : schématiquement, plus la peau, les yeux et les cheveux d’une personne sont naturellement clairs et plus le risque de cancer cutané est important. À l’inverse, plus les cheveux sont foncés et la peau mate, moins le risque est élevé. Selon l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), on identifie quatre types de peau différents dans la population générale : peau extrêmement sensible au soleil, peau sensible au soleil, peau intermédiaire, peau assez résistante. En se situant sur cette échelle et selon le type d’exposition solaire, chaque individu peut connaître son propre risque et adapter en conséquence ses moyens de protection solaire : fréquence d’application et degré de protection des crèmes solaires, protection vestimentaire…
Quel produit de protection solaire choisir ?
Le phototype est lié à la production de mélanine par les mélanocytes. Ce pigment, qui donne à la peau son aspect plus ou moins foncé est un anti-oxydant existant sous deux formes, brune et rouge. Seule la première, majoritaire dans les phototypes élevés, est relativement protectrice vis-à-vis des UV. La mélanine rouge est quant à elle majoritaire dans les faibles phototypes.
Les grains de beauté, encore appelés naevi, sont des tumeurs bénignes (non cancéreuses) développées à partir des mélanocytes. Le risque de transformation d’un naevus banal en mélanome est relativement faible (entre 1/33 000 et 1/200.000 selon l’âge du patient). Cependant, le nombre de naevi communs ou atypiques (naevus d’aspect hétérogène, à bords irréguliers, de plus de 5 mm), ou la présence de naevus de naissance (congénital) notamment géant (> 20 cm), augmente le risque de mélanome.
Pour les carcinomes
la suppression des défenses immunitaires (immuno-suppression), utilisée dans le traitement des patients ayant reçu une greffe d’organe, entraîne une augmentation du risque de carcinome ; cette prédisposition est également retrouvée dans certaines immuno-suppressions pathologiques comme dans la leucémie ou l’infection par le VIH.
L’exposition à de fortes doses de rayons ionisants (X ou gamma) ou à certains agents chimiques (arsenic, goudrons) peut également induire l’apparition de carcinomes.
Pour les mélanomes
Lorsque deux mélanomes ont été diagnostiqués sur trois générations d’une même famille, on parle de forme familiale. En France, 10 % des mélanomes sont concernés par cette origine. Elle est conditionnée par la présence de gènes de prédisposition, dont certains sont identifiés (CDK4, CDKN2A).
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Philippe Saiag, chef de service de dermatologie générale et oncologique et directeur de l’équipe d’accueil 4339 « peau, cancer, environnement » au CHU A. Paré, Boulogne-Billancourt. Il est également médecin dermatologue à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.
Dernière mise à jour : 08-02-2011