Si l’incidence des cancers augmente, l’espérance de vie est parallèlement en hausse. Cela n’est pas un hasard. D’importants progrès ont été réalisés ces dernières années dans la prise en charge thérapeutique des cancers, en particulier chez les personnes âgées chez qui surviendront 60 % des cancers dans les années à venir.
L’âge peut influencer un traitement en termes d’efficacité mais également de tolérance. Les personnes âgées, dont la faiblesse ne permet pas toujours de faire face, par exemple, à des traitements de chimiothérapie souvent agressifs, doivent recevoir dès lors une attention particulière.
Actuellement, de nombreux essais cliniques sont en cours pour améliorer les protocoles existants :
De nouvelles molécules aux mécanismes originaux et très spécifiques sont aussi en cours d’études. Il s’agit notamment des médicaments dits « anti-angiogéniques » dont la spécificité est de bloquer la formation des nouveaux vaisseaux sanguins alimentant la tumeur. « Affamées », les cellules malignes stoppent ainsi leur croissance et ne peuvent plus se disséminer dans le sang (et former des métastases). Compte tenu de leur moindre toxicité que les chimiothérapies classiques, ces molécules semblent mieux adaptées aux seniors.
Pendant longtemps, les patients âgés n’étaient pas ou peu intégrés aux essais cliniques. Il en résultait une moins bonne connaissance de la maladie chez ces derniers ainsi qu’une plus mauvaise prise en charge (diagnostic tardif par exemple). Depuis quelques années des programmes spécifiques ont vu le jour. Ainsi, le « Programme d’action concerté » (PAC) dénommé « GErico », créé en 2002 sous l’égide de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC), met en place des essais cliniques spécifiquement orientés vers les seniors. Ce programme se focalise essentiellement sur l’absence d’impact délétère des traitements sur les paramètres d’autonomie, élément clef de la qualité de vie de la population. Sur ces progrès thérapeutiques et ces pratiques innovantes reposent beaucoup d’espoirs pour à la fois augmenter l’efficacité des traitements, mais aussi pour en améliorer la tolérance par les personnes âgées très fragilisées.
En cancérologie, un essai clinique (ou essai thérapeutique ou étude clinique) vise à étudier l’efficacité et la sûreté de nouveaux traitements, de modes d’administrations ou encore de nouvelles méthodes de diagnostics sur le patient atteint d’un cancer. Les essais cliniques se déroulent en plusieurs phases, de manière à garantir la sécurité des malades et la rigueur de la démarche scientifique.
Si les résultats sont concluants, la Phase III peut démarrer : comparaison du nouveau traitement avec celui qui est habituellement utilisé. Cette dernière phase nécessite l'inclusion de plusieurs centaines ou milliers de malades. Depuis 2002, 6 essais cliniques spécifiquement appliqués aux seniors (PAC Gerico, voir ci-contre) ont ainsi été mis en place. Le dernier en date, démarré en 2006 et clos en 2008, s’intéressait aux effets de l’administration, en termes d’indépendance et de qualité de vie, d’une chimiothérapie adjuvante chez les patientes de plus de 70 ans atteintes d’un type de cancer du sein (opéré et non hormonosensible). L’essai clinique a montré qu’il était possible d’administrer à la patiente un traitement standard avec une bonne tolérance globale sur le plan général mais surtout sur le plan gériatrique (avec étude de l’impact sur les paramètres cognitifs, émotionnels, nutritionnels…).
Dossier réalisé avec le concours du Pr Olivier Saint-Jean, chef du service de gériatrie à l'Hôpital européen Georges Pompidou (Paris) et responsable de l'unité pilote en oncogériatrie de l'ouest parisien.
Dernière mise à jour : 08-02-2011