Troubles digestifs
Toute ablation chirurgicale d'un cancer du côlon peut entraîner des diarrhées, parfois invalidantes, qui persistent deux à trois mois. De même, les chimiothérapies ou la radiothérapie provoquent souvent une accélération du transit due à l’irritation de l'intestin. Les patients traités par l’irinotécan présentent un risque de diarrhée important et doivent bénéficier d’une prescription systématique d’antidiarrhéiques. Ces troubles du transit sont habituellement corrigés par des mesures diététiques comme un régime assez restrictif : éviter de manger des crudités, des fruits et légumes riches en fibres ou des viandes en sauce peut améliorer le confort de vie. De même des pansements intestinaux ou des ralentisseurs du transit peuvent aider. Une fois ces troubles résolus, le patient s'alimente et vit tout à fait normalement.
Impuissance
La chirurgie, comme la radiothérapie peut aussi entraîner des troubles de l'érection, en particulier si l'intervention a porté sur le rectum. Même s’ils sont le plus souvent d’ordre physique, la consultation d’un sexologue peut parfois aider à surmonter ces effets.
Les effets secondaires de la radiothérapie sont variables selon les personnes. La rougeur de la peau peut être atténuée par des soins locaux. Une envie impérieuse d'uriner associée à des sensations de brûlures appelée cystite radique peut apparaître. Elle est soulagée par une boisson abondante, en particulier d’eau riche en bicarbonates.
Les effets secondaires de la chimiothérapie dépendent des produits utilisés. En règle générale, la chimiothérapie du cancer colorectal présente des effets secondaires modérés, avec peu de risques d'alopécie (perte des cheveux) qui survient quand même dans 40 % des cas lors de l’utilisation de l’irinotécan, peu de nausées, parfois des diarrhées. Si les chimiothérapies sont de mieux en mieux tolérées, c’est parce que le traitement s’accompagne aujourd’hui de l’administration de produits prévenant ou limitant les effets secondaires tels que les vomissements. Par exemple, des anti-nauséeux puissants sont systèmatiquement associés à la chimiothérapie en particulier lors de l’utilisation d’oxaliplatine ou d’irinotécan. Lorsque cela est possible, les cures sont réalisées en ambulatoire, c’est-à-dire, en venant dans la structure de soins pour une demi-journée et en retournant ensuite à domicile. Dans certains cas, il est possible de recevoir l’ensemble du traitement à domicile. Pour les traitements intraveineux. La pose de cathéter ou de chambre implantable est devenue quasi systématique afin de préserver l’intégrité des veines des patients.
Inflammations buccales
Des bains de bouche à base de bicarbonate de sodium et antimycosiques peuvent être prescritsen prévention des inflammations buccales générées par certaineschimiothérapies notamment celles comprenant du 5-FU.
Neuropathies
Des fourmillements au niveau des doigts et des orteils, parfois invalidants et prolongés sont observés lors de l’administration d’oxaliplatine. En début de traitement, ces manifestations sont surtout liées au contact d’objets froids qui doit donc être évité après l’administration de l’oxaliplatine. Avec la répétition des cures, ces effets à type de fourmillements, d’engourdissements peuvent devenir permanents, ce qui impose l’arrêt de l’oxaliplatine.
Toxicité hématologique
Une baisse de certaines cellules sanguines peut survenir lors de la chimiothérapie, surtout à la suite d’un traitement comportant l’oxaliplatine et l’irinotécan. Ces effets peuvent être révélés par certains symptômes, notamment une fièvre de plus de 38 °C ou des frissons, un essouflement, des vomissements ou une diarrhée importante. En général, ces effets durent moins de sept jours et ne justifient pas de prise en charge spécifique.
Les effets secondaires des anticorps monoclonaux sont différents de ceux des chimiothérapies conven-tionnelles. Le cétuximab (Erbitux®) a pour effet secondaire principal l'apparition d'une éruption cutanée proche de l’acné qui peut être prévenue par une prémédication antihistaminique. Le bévacizumab (Avastin®), quant à lui peut provoquer des saignements plus ou moins importants ainsi que des retards de cicatrisation (il doit être suspendu deux mois avant une intervention), de la fièvre et une hypertension artérielle. Et exceptionnellement, une perforation du tube digestif ou une obstruction d’un vaisseau par un caillot (une thrombose). L’attention du patient doit être attirée sur le fait que l’absence d’effets indésirables en cours de chimiothérapie est possible, et ne remet nullement en cause l’efficacité du traitement.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Michel Ducreux, chef de l’unité de gastroentérologie à l’Institut Gustave Roussy.
Dernière mise à jour : 08-02-2011