Après une chirurgie de la région ORL, il est transitoirement difficile de s’alimenter normalement. Une alimentation entérale, apportée par une sonde nasogastrique, est généralement mise en place jusqu’à parfaite cicatrisation. Lorsque cela n’est pas possible, une alimentation parentérale (par voie intraveineuse) peut être envisagée.
Par ailleurs, le curage ganglionnaire peut avoir des conséquences sur les nerfs locaux et limiter partiellement la mobilité du bras. Mais la plus grande difficulté est celle des conséquences esthétiques et fonctionnelles à long terme d’une chirurgie.
Pour ces tumeurs, la contrainte est forte. L’exérèse de la tumeur nécessite parfois l’amputation d’une partie de la langue, du plancher de la langue, d’une partie de la lèvre, du nez... Les conséquences esthétiques et fonctionnelles (mastication, élocution) peuvent être importantes. Les techniques chirurgicales ont cependant fait d’importants progrès depuis plusieurs années. Aujourd’hui, il est possible de reconstruire esthétiquement en même temps que l’exérèse. Cette chirurgie réparatrice fait appel à la technique des lambeaux, qui consiste schématiquement à prélever des tissus similaires (os, peau, muscle selon le besoin) dans une autre zone de l’organisme du patient pour combler la partie amputée.
Cancer du larynx et de l’hypopharynx
Dans les suites immédiates d’une laryngectomie totale, des adaptations transitoires sont mises en place : alimentation entérale, aspiration trachéale des mucus produits, port d’une canule maintenant l’orifice respiratoire ouvert ... Les conséquences définitives majeures sont une perte de la voix et une perte de la respiration normale par le nez ou la bouche.
Pour pallier à la perte de la respiration normale, un trachéostome est pratiqué lors de la laryngectomie : un orifice créé au niveau du cou permet d’aboucher directement la trachée à la peau. Le patient ne respire plus par la bouche ou le nez mais à travers cet orifice qui peut, selon les cas, être maintenu transitoirement ou définitivement par une canule trachéale. Concernant la perte de la faculté de parler, plusieurs solutions sont envisageables pour recouvrer une voix acceptable. Enfin, le recours à une chimiothérapie d’induction permet aux patients répondeurs d’éviter l’exérèse chirurgicale mutilante.
Cancer de l’oropharynx
La pharyngectomie expose à un risque de fausse route, de troubles de la déglutition ou de la perte phonation selon la zone opérée. Dans les cancers avancés, une bucco-pharyngectomie est nécessaire : elle englobe le pharynx, une partie de la mâchoire et, par conséquent, des dents. Les conséquences sont multiples : modification de l’aspect physique, gêne à la mastication, à la déglutition et à la phonation.
La radiothérapie n’est pas douloureuse en elle-même mais peut induire une gêne ou une douleur au niveau des zones irradiées. En premier lieu, la peau que le faisceau traverse peut rougir et devenir douloureuse à l’image d’un coup de soleil. Cet effet est transitoire et disparaît quelques temps après la fin du traitement.
Selon le ciblage des rayons, une sécheresse de la bouche ou des yeux est observée. Elle est due à l’assèchement des glandes salivaires ou lacrymales. Elle peut persister après le traitement. Des mucites sont aussi parfois évoquées et s’avèrent très gênantes au quotidien, notamment pour s’alimenter. Des conseils hygiéno-diététiques peuvent améliorer l’état général de la cavité buccale : les plats épicés, très secs, acides, trop chauds doivent être évités. Au contraire, il faut privilégier les plats moelleux (sauces), boire beaucoup, et ne pas hésiter à manger des glaces et sucer des glaçons. Pour limiter ou prévenir la mucite, des bains de bouche quotidiens à base de bicarbonate peuvent être utiles.
Certains patients souffrent d’une gêne à la déglutition : dans ce cas, il faut manger des plats mixés ou dont les morceaux sont moins gros. Enfin, pour ceux souffrant d’un risque de fausse route avec les boissons liquides, il existe des épaississants ou des gélifiants qui permettent de pallier cette difficulté. Enfin, la fatigue et la perte d’appétit sont parfois évoquées par les patients au cours des traitements par radiothérapie.
Des progrès sont continuellement apportés aux techniques de radiothérapie. Ainsi certains appareillages récents (radiothérapie conformationnelle), permettent de mieux épargner les tissus sains environnant la tumeur et, ainsi, d’en limiter les effets indésirables, notamment la sécheresse de la bouche et des yeux.
Les effets secondaires de la chimiothérapie sont spécifiquement liés à la nature des molécules utilisées. Les principaux effets évoqués sont :
Un patient traité par l’une de ces molécules ne présente pas systèmatiquement toutes ces manifestations. En cas d’association médicamenteuse, le malade traité pourra présenter des effets secondaires propres à chacune des molécules utilisées.
Dernière mise à jour : 13-12-2009