Quelle que soit sa méthodologie, chaque type d’étude a des avantages et des limites. Pour déterminer le niveau de preuve d’une relation entre un aliment et le risque de cancer, on ne peut donc pas se fonder sur un seul travail, ni sur une seule méthode d’investigation : une évaluation de l’ensemble des résultats des études épidémiologiques et mécanistiques disponibles est nécessaire. Elle est mise en œuvre dans le cadre d’une expertise scientifique collective.
Les principales méthodes épidémiologiques utilisées sont les suivantes :
Les études transversales (aussi appelées études « écologiques ») : elles étudient le rapport entre alimentation et cancer à l’échelle de populations (ex : comparaison entre les habitudes alimentaires et l’incidence des cancers dans la population asiatique et la population européenne).
Les études de cohortes : elles consistent à recueillir un maximum de données alimentaires relatives à un groupe de volontaires qui seront suivis pendant plusieurs années. Si certains développent un cancer, les chercheurs peuvent examiner les particularités de leur alimentation. Ce type d’étude ne peut être mis en œuvre dans le cas des cancers rares.
Les études cas-témoins : les chercheurs comparent les données de consommation alimentaire passée d’un groupe de personnes atteintes d’un cancer à celles d’un groupe de personnes comparables (même âge, même sexe, même culture…) exemptes de la maladie. Une limite importante de ce type d’étude est le « biais de mémoire » : les participants ne se rappellent pas forcément de leurs habitudes alimentaires passées ou peuvent en avoir un souvenir déformé.
Les essais de prévention : lorsqu’il existe des arguments forts suggérant qu’un facteur alimentaire peut réduire le risque de cancer, les chercheurs peuvent tester cette hypothèse sur des volontaires. Dans la pratique, les personnes qui participent à ce type d’études sont réparties en deux groupes : un groupe « d’intervention » auquel on donne la consigne de modifier son alimentation de manière à adopter une habitude susceptible de réduire leur risque de cancer, et un groupe témoin qui ne modifie pas ses habitudes. Les chercheurs étudient alors sur le long terme les bénéfices de l’intervention testée.
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Dernière mise à jour : 09-06-2010