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L'équipe du Dr. Lecuit

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Entretien avec le Dr Thomas Lecuit, del’Institut de Biologie du Développement de Marseille Luminy (IBDML), quia publié, pour la 2ème fois en 6 mois,un article dans la prestigieuse revue scientifique britannique Nature.

Vous publiez un article pour la deuxième fois en 6 mois dans la revue scientifique britannique Nature. Il s’agit d’une vraie reconnaissance pour votre travail. Quel est l’objet de cette nouvelle publication ?

Ces deux articles sont de nature très différente. Celui publié il y a 6 mois était une revue de synthèse. Il s’agit maintenant d’un article exposant les résultats de nos recherches.

Nous étudions les mécanismes qui assurent l’adhérence entre les cellules dans les tissus épithéliaux. Ce sont des tissus dont les cellules sont jointives et solidaires les unes des autres : c’est ce que l’on appelle « l’adhérence intercellulaire ». Cette adhérence a un double rôle : elle maintient la robustesse des tissus tout en permettant leur réorganisation par exemple lors de leur croissance.

Les E-cadhérines sont des molécules qui régulent l’adhérence entre deux cellules en contact. Dans cet article, nous montrons que les E-cadhérines sont organisées en amas très stables de petite taille, formant une « unité fondamentale d’adhérence ».

Pour comprendre comment l’adhérence est régulée, il nous faut étudier les mécanismes qui contrôlent la stabilité de ces amas mais aussi leur distribution le long des contacts entre les cellules.

Par nos recherches, nous montrons que la stabilité et la mobilité de ces amas sont deux actions séparées. Elles sont contrôlées par deux populations distinctes de molécules d’actine (molécules qui composent le squelette interne de la cellule). Une catégorie d’actine contrôle la stabilité des amas, tandis que l’autre les empêche de se déplacer le long de la membrane cellulaire. Le modèle que nous proposons permet de mieux appréhender comment l’adhérence entre les cellules est contrôlée dans un tissu en cours de réorganisation.

Quelles sont les implications de ces travaux sur la recherche sur le cancer ?

La perte d’adhérence intercellulaire est une des étapes importantes dans le développement du cancer. La perte d’adhérence induit en effet une perte de la cohésion tissulaire et entraîne aussi une perturbation du rythme normal des divisions cellulaires. Nos travaux montrent comment l’adhérence est maintenue dans un tissu sain de façon à assurer qu’aucune cellule ne puisse s’en détacher bien que le tissu se réarrange.  Le mécanisme fondamental que nous mettons en évidence permet de mieux comprendre comment l’adhésion est contrôlée et devrait permettre de mieux appréhender l’équilibre structural d’un épithélium sain et ses perturbations dans le cancer.

Depuis combien de temps travaillez-vous sur ce projet ?

Nous avons initié ce projet au début 2006, mais il repose bien entendu sur des travaux effectués dans l’équipe auparavant. Nous travaillons sur les réarrangements qui interviennent dans des tissus épithéliaux, comme la peau par exemple, depuis 2003. En 2006 nous avons mis en évidence le rôle que l’organisation du  squelette interne de la cellule composé d’actine joue dans le contrôle de l’adhérence entre les cellules, ce qui nous a amené à étudier plus en détails les mécanismes sous jacents.  

L’ARC vous soutient depuis 2001. En quoi les subventions allouées par l’ARC vous sont utiles ?

Les subventions de l’ARC ont joué un rôle très important dans le développement de mon équipe. Une subvention libre en 2002 a permis l’acquisition d’un poste de microscopie permettant de réaliser des cribles génétiques et d’interférence ARN à l’origine de la découverte de nouveaux gènes régulant l’adhérence cellulaire. Une subvention fixe en cours soutient nos efforts dans la compréhension de la régulation de l’adhérence intercellulaire.

Enfin, et il s’agit d’une aide vraiment majeure, l’ARC a financé plusieurs doctorants dans mon équipe. Tout spécialement, Matthieu Cavey a été soutenu par l’ARC pendant la majeure partie de ce projet, depuis octobre 2006 jusqu’à fin septembre 2008.

L’ARC a donc été un acteur et un soutien essentiel dans nos études de la dynamique et cohésion tissulaire depuis 6 ans.

Crédit photo : D.R.

Dernière mise à jour : 09-06-2010

 

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