Optimisation des techniques actuelles Les médecins visent toujours à améliorer l’efficacité des traitements tout en s’assurant du confort des patients. Des études cherchent ainsi à apprécier si la lobectomie pourrait être utilisée chez un plus grand nombre de patients. Cela leur permettrait de conserver une partie de la thyroïde et donc d’éviter le traitement à vie par lévothyroxine.
Enfin, l’amélioration des modalités de traitement par iode 131 fait l’objet de plusieurs essais : l’objectif est d’améliorer le bénéfice et la tolérance du traitement.
Depuis plusieurs années, un pan de la recherche cherche à comprendre les mécanismes qui aboutissent à la formation des cancers de la thyroïde. L’altération de certains gènes a déjà été identifiée : il s’agit de gènes qui régulent habituellement la croissance et la multiplication des cellules. Leur altération semble effectivement entraîner un dérèglement du mécanisme, qui serait à l’origine de la tumeur. Grâce à ces découvertes, il est aujourd’hui envisageable de traiter certains cancers thyroïdiens par thérapie ciblée, c’est-à-dire en s’attaquant directement à l’altération moléculaire à l’origine de la maladie. L’évérolimus ou le trastuzumab sont quelques unes des molécules de thérapie ciblée qui sont actuellement testées dans le traitement des cancers de la thyroïde. D’autres thérapies ciblées visent les vaisseaux sanguins formés par la tumeur pour s’alimenter et croître. On parle de médicaments anti-angiogéniques : l’efficacité du sorafenib, de l’axitinib, du motesanib, du sorafénib et d’autres molécules apparentées est actuellement étudiée dans le traitement des cancers différenciés de la thyroïde. Le vandétanib est également testé chez des patients atteints de cancer médullaire.
L'ARC subventionne des équipes de recherche qui étudient le processus de cancérisation et qui tentent d’améliorer les traitements existants ou de découvrir de nouvelles thérapeutiques et de nouvelles méthodes diagnostiques. Au cours des 5 dernières années, l’Association a financé 82 projets qui ont un lien avec les cancers de la thyroïde pour un montant total de 2,8 M euros. La plupart de ces projets de recherche sont consacrés à l'étude du métabolisme cellulaire spécifique des cellules cancéreuses et des mécanismes impliqués dans le processus de cancérisation. Le rôle de l’environnement dans la survenue des cancers de la thyroïde, en particulier l'exposition aux radiations ionisantes, font l'objet de plusieurs études.
Crédit photo : Adam Gault / Getty images
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Philippe Caron, chef du service endocrinologie du CHU de Toulouse.
Dernière mise à jour : 18-04-2011