Aujourd’hui, le premier enjeu de la recherche est d’améliorer le pronostic de la maladie qui reste actuellement très réservé. Pour cela, trois axes majeurs sont en développement.
Pour les médecins, le principal objectif est d’améliorer le devenir des patients en leur permettant de vivre plus longtemps dans des conditions acceptables. Parvenir à un tel objectif passe par la recherche clinique et donc par l’inclusion de patients dans des essais. Ces essais visent à évaluer l’efficacité de traitements innovants et à comparer ces bénéfices avec ceux obtenus grâce aux traitements de référence. Les essais cliniques sont mis en œuvre pour évaluer de nouveaux médicaments, de nouvelles techniques de chirurgie ou de radiothérapie, mais ils servent aussi à évaluer l’intérêt d’une association de plusieurs traitements existants.
Une attention particulière est apportée aux traitements néo-adjuvants et adjuvants : leur optimisation permettrait d’améliorer l’efficacité de la chirurgie et de réduire les risques de rechute. En perfectionnant les traitements néo-adjuvants, on pourrait aussi augmenter le nombre de patients candidats à la chirurgie, et ainsi améliorer le pronostic de la maladie.
Pour les chercheurs, il est essentiel de comprendre le fonctionnement des cellules tumorales du pancréas et d’identifier les anomalies génétiques qui pourraient être à l’origine de leur développement. Aujourd’hui, l’ensemble du génome du cancer pancréatique a été décrypté. Grâce à ces données, les chercheurs espèrent mieux comprendre la maladie et découvrir des caractéristiques spécifiques de la tumeur – on parle de biomarqueurs – qui pourraient constituer une cible pour de futurs traitements. Dans ce cas, il ne s’agirait pas de médicaments de chimiothérapie classique mais de « thérapies ciblées ». Ces traitements s’attaquent spécifiquement à une cible déterminée, ce qui permet de limiter leurs effets indésirables, par rapport à une chimiothérapie classique.
Le premier des traitements ciblés utilisé dans le cancer du pancréas est l’erlotinib. D’autres molécules sont à l’étude : le cétuximab, le bévacizumab, le sorafenib… Les essais portent principalement sur la prise en charge des cancers métastatiques, mais quelques études s’intéressent au traitement de cancers de stade moins avancé.
Un jour, il sera sans doute possible de traiter le cancer du pancréas par thérapie génique : il s’agirait alors d’administrer aux cellules cancéreuses un gène normal qui remplacerait le gène défectueux à l’origine du développement de la tumeur. Des données encourageantes ont été obtenues dans des modèles précliniques, mais elles sont difficiles à transposer à l’homme. Parallèlement, des approches de vaccination thérapeutique se développent. Face au cancer, le système immunitaire du patient n’est pas suffisamment efficace car la tumeur développe un système de défense particulier. Le principe du vaccin thérapeutique est d’activer l’immunité antitumorale du patient en lui apportant un élément spécifique des cellules cancéreuses.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Philippe Ruszniewski, chef du service de Gastroentérologie Pancréatologie de l’Hôpital Beaujon (Clichy).
Dernière mise à jour : 21-03-2011