Le marquage des tumeurs par fluorescence
Lors d’une cystoscopie, ou d’une résection endoscopique, le chirurgien doit parvenir à localiser toutes les tumeurs présentes dans la vessie du patient. Malheureusement, certaines tumeurs sont difficilement repérables. Pour pallier ce problème, un système de marquage fluorescent a été développé : un produit introduit dans la vessie colore spécifiquement les tumeurs, notamment celles qui sont difficiles à repérer à l’œil nu. Les modalités de son utilisation sont actuellement à l’étude.
Les marqueurs tumoraux
Après le traitement d’une tumeur superficielle, des cystoscopies doivent être pratiquées régulièrement, durant de nombreuses années, afin de repérer précocement les éventuelles récidives. Les chercheurs essayent de développer des méthodes de surveillance plus simples, se fondant sur des tests urinaires. Ces tests consistent à rechercher dans les urines des substances produites exclusivement par les cellules cancéreuses. Certains de ces tests sont déjà commercialisés (BTA Trak, Urovision…), d’autres sont encore à l’état de recherche (télomérase, CYFRA 21…). Des études doivent être menées afin de déterminer si ces techniques ont la même précision que la cystoscopie. S’il s’avère que c’est bien le cas, certains de ces tests pourront remplacer la méthode la cystoscopie. Ils pourront aussi être utilisés dans le cadre d’un dépistage régulier des personnes qui présentent un risque élevé de cancer de la vessie.
La chirurgie des tumeurs infiltrantes de la vessie est lourde et elle a des conséquences importantes sur la vie quotidienne ultérieure des patients. Les chirurgiens recherchent donc des moyens pour réduire cet impact. Deux approches sont aujourd’hui étudiées :
De nouveaux traitements ou nouvelles associations de traitements qui permettent d’accroître l’espérance de vie des patients sont sans cesse étudiés.
Des études ont montré que l’administration d’un protocole de chimiothérapie avant la cystectomie pouvait améliorer la survie globale de certains patients. Des études sont aujourd’hui en cours pour optimiser le protocole et mieux définir le profil des patients qui pourraient en bénéficier. Actuellement, certains essais cliniques évaluent aussi l’intérêt d’une chimiothérapie après la cystectomie.
Les cellules cancéreuses ont une activité intense et se multiplient rapidement. Ces phénomènes dépendent de nombreuses protéines, parmi lesquelles les récepteurs HER. Divers médicaments ont donc été développés pour bloquer spécifiquement ces récepteurs : le cétuximab, le trastuzumab, le gefitinib ou l’erlotinib… Plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui utilisés en routine dans le traitement de certains cancers, comme les tumeurs du sein, du côlon, du poumon… Ils sont aussi étudiés dans le traitement des tumeurs infiltrantes de la vessie. D’autres traitements ciblés, dits « anti-angiogéniques », sont également développés : les tumeurs sécrètent des messagers qui favorisent le développement de vaisseaux sanguins lui permettant de recevoir suffisamment d’éléments nutritifs et énergétiques pour croître. Si ces messagers sont bloqués par des molécules anti-angiogéniques, les nouveaux vaisseaux ne se forment plus et la tumeur, affamée, cesse d’évoluer. Plusieurs médicaments de ce type déjà utilisés dans d’autres cancers sont aujourd’hui étudiés dans le traitement des tumeurs infiltrantes de la vessie (bévacizumab, sunitinib…).
Entre 2007 et 2011, 68 projets de recherche sur les cancers de la vessie ont été financés pour un montant total de 8.1 M€.
Les travaux de ces équipes ont pour objectifs l’élucidation du processus de cancérisation, l’amélioration des traitements existants ou la recherche de nouvelles thérapies et de nouvelles méthodes diagnostiques. De nombreux projets sont consacrés à l'étude du métabolisme cellulaire spécifique des cellules cancéreuses et les mécanismes impliqués dans le processus de cancérisation. Les chercheurs étudient notamment les mécanismes génétiques opérant dans les cellules normales et cancéreuses, la surveillance par le système immunitaire et l'angiogénèse tumorale (création de nouveaux vaisseaux sanguins autour de la tumeur). Le rôle des toxines environnementales et de l'alimentation dans les cancers de la vessie est également étudié. D'autres projets de recherche concernent plus spécifiquement la mise au point de nouveaux traitements pour les cancers de la vessie selon différentes approches : immunothérapies, traitements antiangiogéniques, photothérapie, etc. Un meilleur ciblage et une plus grande efficacité des traitements actuels des cancers de la vessie font également l'objet de recherches. Ce sont par exemple des essais de transport ciblé (vectorisation) des chimiothérapies afin d'en améliorer la spécificité ou l'analyse des mécanismes d'action du BCG afin d'optimiser son efficacité.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Pascal Rischmann, chef du service urologie au CHU de Toulouse.
Dernière mise à jour : 22-05-2012