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Les autres traitements des cancers du foie.

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Lorsqu’ils sont diagnostiqués à un stade précoce, les cancers du foie peuvent être traités par chirurgie (greffe de foie ou ablation de la tumeur) ou détruits par voie cutanée (alcoolisation, radiofréquence). Lorsque le cancer est plus évolué, les traitements utilisés sont la chimiothérapie et les thérapies ciblées.

Les traitements  loco-régionaux

Plusieurs techniques permettant de détruire les tumeurs du foie sont aujourd’hui disponibles. Elles sont utilisées lorsqu’une tumeur est diagnostiquée à un stade encore assez précoce. 

L’injection percutanée d’alcool pur (PEI) : ces traitements sont réservés aux tumeurs de moins de 2 ou 3 cm. Le but est de délivrer de l’alcool absolu ou de l’acide acétique directement au niveau de la lésion, pour la détruire. Pour ce faire, une fine aiguille est introduite dans le foie, jusqu’à la tumeur. L’intervention est pratiquée sous anesthésie locale. Le geste est contrôlé et guidé par échographie. Un petit volume de produit est ensuite injecté dans la tumeur pour détruire des cellules cancéreuses. Le traitement est le plus souvent réalisé en hospitalisation de jour.

Le traitement par radiofréquence : la tumeur peut être détruite grâce à des ondes de radiofréquence. Cette approche est utilisée pour traiter des lésions pouvant mesurer jusqu’à 3 cm. L’intervention est pratiquée sous anesthésie locale ou générale : une électrode est introduite dans le foie du patient et placée au contact de la tumeur, via une incision de quelques millimètres. Un courant électrique est ensuite délivré pendant 10 à 20 minutes. Il produit un échauffement local important qui entraîne la mort des cellules cancéreuses.

Habituellement, une seule intervention suffit pour détruire la totalité de la tumeur. Le patient reste à l’hôpital la journée, ou tout au plus 24 heures. Un traitement antalgique est souvent nécessaire pour contrôler la douleur induite par l’intervention. Des antibiotiques sont aussi prescrits pour prévenir tout risque d’infection locale.

La chimioembolisation transartérielle

Lorsque plusieurs tumeurs coexistent dans le foie, dont certaines mesurent plus de 3 cm, les précédents traitements, à visée curative ne sont pas envisageables. On privilégie alors la  « chimioembolisation transartérielle ». Ce traitement associe deux composés : une chimiothérapie destinée à détruire les cellules cancéreuses et un produit dit « d’embolisation » destiné à boucher l’artère qui alimente la tumeur en sang. Attaquée par la chimiothérapie et privée d’oxygène et d’énergie, la tumeur est progressivement détruite.

L’intervention est généralement réalisée sous anesthésie locale. Le médecin introduit un cathéter dans l'artère fémorale du patient, au niveau de l’aine. De là, le cathéter est guidé jusqu’à l’artère hépatique*. Le produit de chimiothérapie est alors injecté, puis l’artère est bouchée grâce au produit embolisant.

Pour obtenir un résultat optimal, le traitement doit généralement être répété plusieurs fois. Une hospitalisation de quelques jours est à chaque fois nécessaire. La durée de cette hospitalisation dépend de la manière dont le patient réagit au traitement. Les principaux risques associés à ce type d’intervention sont les saignements, les malaises et la fièvre. Un traitement antalgique est systématiquement prescrit pour limiter la douleur post-opératoire.

Les traitements médicamenteux

Ces traitements sont réservés aux cancers qui se sont étendus à l’extérieur du foie (présence de métastases).

La chimiothérapie : les médicaments de chimiothérapie sont des molécules qui s’attaquent aux cellules au moment où elles se répliquent. Les cellules cancéreuses se multiplient souvent et sont donc particulièrement sensibles à la chimiothérapie. Les chimiothérapies classiques sont malheureusement peu compatibles avec la cirrhose.

Les thérapies ciblées : les médicaments de thérapies ciblées sont de nouvelles molécules antitumorales. Ils ciblent des composants spécifiques des cellules cancéreuses, qui sont absents ou présents en très faible quantité dans les cellules normales.

Il n’existe à l’heure actuelle qu’un seul médicament de thérapie ciblée officiellement destiné à traiter les cancers du foie : le sorafenib. Toutefois, d’autres molécules sont aujourd’hui en cours de développement et peuvent être proposées dans le cadre d’un essai clinique.

Le sorafenib agit sur deux cibles : il bloque le mécanisme de multiplication des cellules tumorales, et empêche le développement de nouveaux vaisseaux sanguins qui viendraient alimenter la tumeur.

Le médicament est administré par voie orale, deux fois par jour. Le traitement est poursuivi tant qu’il permet de contrôler la tumeur. Bien que ciblé, il peut entraîner certains effets secondaires comme un état de fatigue, des diarrhées, des manifestations cutanées (sécheresse, rougeurs), la perte de cheveux (alopécie). Il existe aussi un risque de syndrome main-pied : les mains et les pieds sont secs, rouges et irrités, parfois de façon sévère. Tous ces symptômes n’apparaissent pas automatiquement. Lorsqu’ils se manifestent, ils sont réversibles à l’arrêt du traitement et il existe des solutions pour limiter leur sévérité.

Les traitements de support

Lorsque le cancer est très avancé, un traitement palliatif est mis en route. Il permet de soulager au maximum les symptômes liés à la maladie, notamment ceux de la cirrhose associée à la tumeur. L’objectif est de conserver une qualité de vie optimale pour le malade. Pour en savoir plus, consulter notre brochure sur les soins palliatifs.

La pénurie de donneurs

La greffe de foie se fait généralement à partie de greffons provenant de sujets en état de mort cérébrale. Comme pour d’autres organes, il y a une pénurie importante de greffons de foie. En France, il faudrait près de 2 000 greffons quand seul un millier est disponible (2008). Une sélection rigoureuse des patients prioritaires est donc essentielle : on privilégie les patients de moins de 65 ans, dont la tumeur ne s’est pas étendue hors du foie. La nature et la sévérité des autres ma­ladies hépatiques existantes sont aussi prises en compte.

Pour limiter d’interminables attentes, deux options existent :

Optimiser l’utilisation des greffons disponibles lorsqu’ils sont volumineux. En pratique, il s’agit de séparer le lobe droit du lobe gauche, plus petit. Le premier peut être utilisé chez un adulte tandis que le second peut être proposé à un enfant en attente de greffe
Proposer un autre traitement curatif en première intention et conserver la transplantation en sauvetage, après une éventuelle récidive du cancer. Selon les cas, il peut s’agir d’hépatectomie partielle ou d’un traitement ablatif local.

Crédit Photo : BSIP/Belmonte : Dans le cas d'un cancer du foie qui s'est étendu notemment à l'extérieur de l'organe, le traitement par chimiothérapie est proposé.

Dossier réalisé avec le concours du Docteur Jean Faivre, médecin au service d'hépato-gastro-entérologie au CHU de Dijon. 

Dernière mise à jour : 18-04-2011

 

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