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Le rôle de la recherche génétique

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Améliorer la connaissance des gènes impliqués pour mieux agir et prévenir. C’est tout l’enjeu de la recherche pour mieux appréhender le risque génétique de cancer.

Améliorer les tests génétiques

L’analyse directe des gènes est possible depuis une vingtaine d’années. Les progrès réalisés depuis lors ont permis de rendre ces examens suffisamment sensibles et accessibles pour envisager leur utilisation en routine. L’enjeu est maintenant d’augmenter la sensibilité des méthodes disponibles et, surtout, les connaissances, pour être en mesure de détecter plus de mutations responsables des formes familiales de cancer. L’amé­lioration des techniques d’analyse vise aussi à réduire la durée de réalisation des tests, ce qui permettrait de raccourcir les délais d’attente. À noter que dans les « Plans Cancers » successifs, un soutien important a été apporté par les tutelles de santé (Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, INCa) pour améliorer l'offre de soin dans ce domaine et l'accessibilité aux tests.

Poursuivre la compréhension des liens entre gènes et cancer

Une cinquantaine de mutations géné­tiques prédisposant au cancer sont aujourd’hui identifiées. Mais d’autres existent probablement, notamment pour les cancers familiaux de péné­trance faible ou moyenne (voir encadré page 9). La recherche en oncogénétique est très active dans ce domaine.

Elle s’intéresse d’abord aux gènes de prédisposition qui n’auraient pas encore été identifiés en s’appuyant notamment sur les familles dans lesquelles l’agrégation familiale des cancers n’a pas été corrélée à la présence d’un des gènes connus.

D’autres recherches sont aussi con­duites autour des gènes dits «de susceptibilité». Nos gènes peuvent présenter des petites différences d’une personne à l’autre, Il apparaît que certaines « versions » de gènes particuliers augmentent le risque de cancer, de façon modérée et uniquement lorsqu’ils sont combinés à certains facteurs de l’environnement (tabac, produits chimiques…). Ainsi, des gènes de susceptibilité ont été trouvés dans le cancer du poumon : ils permettraient d’expliquer en partie pourquoi certains gros fumeurs ne développent pas de cancer, alors que d’autres, plus modestes dans leur tabagisme, sont rapidement touchés par la maladie. Dans le cancer du sein, de l’ovaire, de la prostate… de tels gènes commencent à être identifiés. Toutefois, leur détection n’est pas encore utilisée dans la pratique médicale.

À l’inverse, chez certaines personnes porteuses d’une prédisposition génétique de forte pénétrance (voir encadré page 9), le cancer ne se développe pas. De nombreux scientifiques tentent de comprendre pourquoi. L’hypothèse actuellement la plus probable est que d’autres gènes, modulateurs ou protecteurs, inter­viendraient pour empêcher le cancer de se développer.

Des traitements spécifiques

Identifier les anomalies génétiques n’a d’intérêt que si le risque de cancer peut être prévenu ou si son diagnostic précoce permet d’améliorer le pronostic. Une partie de l’activité de recherche consiste donc à développer des traitements spécifiques pour les personnes présentant un gène de prédisposition.

Des essais cliniques de prévention du cancer du sein sont actuellement en cours. Ils utilisent des médicaments anti-hormonaux utilisés dans le traitement du cancer du sein pour éviter les récidives, les  « inhibiteurs d'aromatase ». Il a en effet été montré que ces médicaments préviennent de façon significative la survenue de cancer du second sein, en plus de prévenir la récidive de la maladie dans le premier sein touché. Un de ces essais étudie l'efficacité préventive du letrozole contre le risque de cancer du sein chez les femmes porteuses d'une mutation BRCA1 ou 2. Les informations relatives à ces essais sont disponibles auprès de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer et dans la plupart des consultations d'oncogénétique.

La thérapie génique est aussi étudiée : elle vise à réintroduire une version normale et fonctionnelle du gène altéré dans les cellules du patient, ou à moduler l’expression d’autres gènes qui interviennent dans la défense de l’organisme contre le cancer. Augmenter l’expression des gènes suppresseurs de tumeurs pourrait par exemple améliorer le contrôle du cancer. Les essais de thérapie génique n'ont cependant pas encore permis de progrès notables en cancérologie.

Une autre piste est étudiée : mieux adapter le traitement pour mieux combattre la maladie. Il a été montré que des malades pouvaient répondre de façon très différente à un même traitement. Dans certains cas, certains d’entre eux peuvent présenter une résistance complète au médicament. Ceci s’explique par le rôle de gènes intervenant dans le métabolisme du médicament. Si ces gènes sont connus, ils peuvent être recherchés chez les patients pour adapter plus finement le traitement. 

Enfin, les traitements les plus prometteurs lorsque la maladie est déclarée, sont les traitements qui se fondent sur les défauts de fonctionnement des cellules engendrés par l'altération génétique héritée. Ces thérapeutiques sont dites « ciblées ». Ainsi, chez les femmes ayant une mutation des gènes de réparation BRCA1 ou 2, des médicaments bloquant une voie alterne de la réparation (inhibiteur de PARP) ont été testés avec succès chez des femmes souffrant de cancers à des stades avancés (essai clinique de phase II).

Crédit photo : Inserm - Les travaux des chercheurs visent notamment à affiner la connaissance des gènes de prédisposition.

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Pascal Pujol, responsable de l'unité d'oncogénétique, CHU de Montpellier et CRCM Val d'Aurelle. 

Dernière mise à jour : 18-04-2011

 

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