L’hépatocarcinome se développe souvent silencieusement. Au départ, la maladie n’entraîne pas de symptômes. Petit à petit, les personnes ont moins d’appétit et se sentent fatiguées. Elles maigrissent, souffrent de nausées ou de vomissements. Des douleurs dans la région du foie, de la fièvre, un ictère (ou jaunisse) ou un abdomen gonflé par la présence de liquide (ascite), une hémorragie digestive, peuvent pousser les malades à consulter. Mais la tumeur est alors déjà évoluée.
Ce cancer peut aussi être suspecté après un bilan médical : la découverte d’une anomalie lors d’analyse de sang, d’échographie abdominale, ou de métastases osseuses ou pulmonaires… peuvent révéler une tumeur hépatique. Pour les patients atteints d’une cirrhose du foie connue, un suivi régulier est mis en place. Il repose essentiellement sur un bilan clinique et échographique régulier du foie. C’est donc à l’occasion d’un de ces examens que le cancer peut être découvert.
L’examen clinique : le médecin peut repérer une augmentation de volume du foie (hépatomégalie) en palpant l’abdomen de son patient. Il est aussi attentif aux signes de douleurs locales, d’ictère* ou d’ascite*. Pour compléter l’examen, les antécédents personnels du patient sont précisés.
Le bilan biologique : afin de vérifier chaque fonction du foie, un bilan sanguin est réalisé. Il permet de doser les différents composés produits par l’organe. Un dosage des marqueurs tumoraux peut aussi être prescrit : ces composés sont synthétisés par les cellules cancéreuses. Le seul marqueur reconnu dans le cas du cancer du foie est l’alfa-foetoprotéine (AFP). En pratique, lorsque le taux d'AFP est supérieur à 250 ng/ml, deux diagnostics sont possibles : un cancer primitif du foie ou certaines tumeurs du testicule (tératome). Cependant, un taux modérément élevé d’AFP ne permet pas de porter le diagnostic d’hépatocarcinome : d’autres maladies – malignes ou bénignes – peuvent en effet augmenter la concentration de ce composé de manière modérée. Par ailleurs, le taux d'AFP reste normal dans la moitié des cas de cancers du foie.
L’imagerie : l’échographie est le premier examen d’imagerie réalisé. Si une anomalie apparaît sur l’image, il faut la caractériser. Pour cela, on réalise un scanner (ou TDM) ou une imagerie par résonance magnétique (IRM). Ces techniques permettent de mieux observer l’aspect des anomalies découvertes à l’échographie et, le plus souvent, de différencier un cancer primitif du foie d'un cancer secondaire ou de nodules non cancéreux (bénins). Ces deux examens sont réalisés après avoir injecté un produit de contraste qui permet de mieux caractériser la lésion. Plusieurs situations peuvent se présenter :
La biopsie : dans de nombreux types de cancer, le prélèvement d’un échantillon du tissu anormal – ou biopsie – est nécessaire pour confirmer le diagnostic. Mais dans le cas du foie, la biopsie n’est plus réalisée en première intention car l'imagerie ou le dosage de l'AFP permet de poser le diagnostic. La biopsie est donc réservée aux patients présentant une anomalie qui n’a pu être suffisamment bien caractérisée par tous les autres examens. La biopsie hépatique est réalisée sous anesthésie locale, avec une aiguille fine. Le prélèvement est guidé par échographie. À l’issue de l’intervention, plusieurs heures de surveillance sont planifiées pour soulager une éventuelle douleur et surveiller le risque hémorragique. La surveillance peut se dérouler sur la journée, mais peut parfois demander jusqu’à 24 heures.
Suite au diagnostic de cancer, plusieurs examens complémentaires sont nécessaires pour évaluer l’avancée de la maladie et son éventuelle extension à d’autres organes. Les informations obtenues permettent de proposer au patient le traitement le plus adapté. Le bilan d’extension repose surtout sur le scanner complet du thorax et de l’abdomen. Dans un premier temps, les images de l’examen permettent de localiser précisément la ou les lésions, mais aussi d’étudier l’environnement de la tumeur : la tumeur s’est-elle étendue aux voies biliaires et aux ganglions lymphatiques voisins, à la veine porte ou à la veine cave ? Le scanner permet aussi de rechercher d’éventuelles métastases : poumon, os, glandes surrénales peuvent être atteints. Si des métastases osseuses sont suspectées, une scintigraphie est nécessaire.
Il dépend directement du bilan d’extension et de la gravité de la cirrhose. Plus le cancer est évolué, plus il est disséminé localement ou à distance, et plus le pronostic de la maladie est réservé. Pour faciliter les décisions thérapeutiques, les tumeurs sont classées en grade, selon leur profil.
Crédit photo 1 : BSIP / A.Benoist : cette illustration représente le bilan sanguin qui permet de contrôler le dosage de chaque composé produit par le foie et, ainsi, le bon fonctionnement de l'organe.
Crédit photo 2 : Phanie / Airelle-Joubert : cette illustration représente le scanner (ici en coupe axiale) qui permet de localiser précisément la ou les tumeurs du foie (Ici la tâche rouge à droite).
Dossier réalisé avec le concours du Docteur Jean Faivre, médecin au service d'hépato-gastro-entérologie au CHU de Dijon.
Dernière mise à jour : 18-04-2011