Parce que les signes cliniques sont peu spécifiques et apparaissent progressivement, il est fréquent que les patients ne consultent que tardivement.
Le bilan est d’abord clinique, avec un examen ORL et stomatologique complet. Dans un second temps, le médecin prescrit des examens complémentaires appropriés au cas particulier du patient.
Hormis dans le cas des cancers de la cavité buccale ou des lèvres qui sont visibles, le diagnostic des cancers ORL nécessite le recours à des examens d’imagerie. Dans les atteintes du pharynx ou du larynx, on réalise une laryngoscopie ou nasofibroscopie. L’examen se fonde sur l’utilisation d’un fin tube souple doté d’un système optique grâce auquel il est possible de visualiser l’anomalie.
Selon la localisation suspectée, une tomodensitométrie ou scanner et/ou une IRM peut être nécessaire. Ces technologies permettent de visualiser l’ensemble de la région ORL ; on parle d’imagerie cervico-faciale. Elle permet de localiser avec précision l’anomalie, d’en apprécier le volume et l’étendue.
Dans tous les cas, une biopsie est essentielle pour confirmer le diagnostic. Lorsque l’anomalie n’est pas directement accessible, elle est étudiée sous endoscopie, après anesthésie générale. L’examen consiste à introduire un endoscope (tube optique rigide) dans la bouche du patient jusqu’à la zone altérée. Cet outil permet de prélever un échantillon de l’anomalie détectée pour le soumettre à une analyse histologique.
Un bilan locorégional est réalisé pour évaluer l’avancée du cancer. Les cancers se révélant par une adénopathie cervicale peuvent nécessiter une ouverture chirurgicale au niveau du cou (cervicotomie) visant à confirmer la nature cancéreuse du ganglion.
Les cancers ORL étant liés à une forte consommation tabagique et/ou alcoolique, il n’est pas rare de trouver une autre atteinte cancéreuse liée à ces excès. En pratique, cela concerne 10 à 15 % des patients. Un bilan est donc réalisé pour mettre en évidence une deuxième localisation du cancer, principalement au niveau de l’œsophage ou des poumons, par fibroscopie ou radiographie respectivement. La recherche de métastases au foie par échographie et/ou pulmonaires par radiographie est aussi réalisée. Un PET-scan de la région ORL et du thorax est souvent envisagé pour faciliter le bilan d’extension.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Patricia Beutter, chef du service ORL et de chirurgie cervico-faciale du CHU de Tours.
Dernière mise à jour : 08-02-2011