La vaccination contre le papillomavirus est une des grandes avancées dans le domaine de la prévention du cancer ces dernières années. Bien que la place exacte de ces vaccins reste à préciser, les résultats de ces vaccinations sont très prometteurs. Restent quelques questions à élucider : Quelle sera leur efficacité à long terme ? Des rappels seront-ils nécessaires ? Se révèleront-ils efficaces chez des femmes déjà infectées par le HPV ? Sera-t-il justifié d'élargir les tranches d'âge de vaccination ? Vaccinera-t-on aussi les hommes (porteurs potentiels) ? Ces vaccins protègent-ils aussi des autres cancers induits par les HPV ? Les femmes vaccinées devront-elles se soumettre au frottis avec la même fréquence ? Le recul manque encore pour pouvoir répondre avec certitude à toutes ces questions.
Il existe certaines modifications de gènes que l’on retrouve fréquemment dans le cancer de l’endomètre déjà évolué et qui peuvent être des cibles pour de nouveaux traitements qui agissent directement sur ces modifications ; c’est le cas par exemple des inhibiteurs de mTOR qui semblent avoir une activité intéressante dans cette maladie et qui sont en cours d’évaluation à plus grande échelle ; c’est également le cas des inhibiteurs de l’angiogénèse (qui inhibent la formation des vaisseaux autour de la tumeur et empêchent ainsi la tumeur d’être « ravitaillée »).
L'ARC subventionne des équipes de recherche qui travaillent à élucider le processus de cancérisation, à améliorer les traitements existants ou à découvrir de nouvelles thérapeutiques et de nouvelles méthodes diagnostiques. Au cours des 5 dernières années, l’ARC a financé 128 projets en lien avec les cancers de l'utérus pour un montant total de 5 M€.
Mieux comprendre le cancer…
La plupart de ces projets sont consacrés à l'étude du métabolisme cellulaire spécifique des cellules cancéreuses et des mécanismes impliqués dans le processus de cancérisation et la création de nouveaux vaisseaux sanguins autour de la tumeur (angiogenèse). De nombreux projets concernent également l'implication des récepteurs spécifiques des cellules de l'endomètre, notamment les récepteurs hormonaux (œstrogènes et progestérone), dans la prolifération des cellules cancéreuses. Le rôle des papillomavirus humains (HPV) dans le développement du cancer du col de l'utérus est très étudié. Les chercheurs dissèquent les fonctions des protéines et des gènes du virus dans le processus de cancérisation dans la perspective de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques.
... pour mieux le prendre en charge
D'autres projets concernent plus spécifiquement les traitements de ces cancers : pour le cancer de l'endomètre, ce sont essentiellement les mécanismes de la résistance au traitement par chimiothérapie qui sont analysés. Pour le cancer du col de l'utérus, plusieurs études s'attachent à améliorer l'efficacité de la radiothérapie en l'associant à des traitements antiviraux ou à des thérapeutiques ciblées augmentant la sensibilité de la tumeur aux rayons. Plusieurs stratégies d'immunothérapie sont également développées pour ce cancer. Des essais de transport (vectorisation) de molécules thérapeutiques par des papillomavirus reconstitués neutralisés sont en cours de mise au point. Enfin, la mise en place du dépistage des cancers féminins dans la population française et l'efficacité de la détection du papillomavirus sont observés. Et, de nouveaux biomarqueurs pouvant être utilisés pour le diagnostic ou le suivi des cancers de l'utérus sont recherchés.
Dossier réalisé avec le concours du Dr Patricia Pautier, cancérologue à l’Institut Gustave Roussy, à Villejuif.
Dernière mise à jour : 08-02-2011