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La recherche sur le cancer du sein

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Si le cancer du sein est un des cancers pour lequel le taux de guérison est le plus élevé, c’est grâce aux progrès constants de la recherche et à l’engagement de nombreuses patientes dans des essais cliniques. Aujourd’hui, plusieurs pistes sont à l’étude pour améliorer la prise en charge des femmes atteintes d’un cancer du sein.

Limiter la chirurgie au strict nécessaire

La chirurgie est parfois difficile à accepter pour la patiente. Le but des spécialistes est aujourd’hui de réduire autant que possible les conséquences de ce geste.

Sur le plan de l’ablation tumorale elle-même, de nombreux essais sont conduits pour améliorer les techniques et les rendre moins invasives sur l’aspect final du sein.

Des recherches sont aussi conduites au sujet du curage ganglionnaire : aujourd’hui, le ganglion sentinelle est analysé et un curage ganglionnaire axillaire est réalisé si des cellules cancéreuses y sont identifiées. Or des études récentes semblent indiquer que le pronostic des patientes serait identique, que le curage ganglionnaire* ait eu lieu ou non. Leurs données devront être confirmées. Mais si tel est bien le cas, l’utilité de ce geste pourrait donc être rediscutée.

Mieux personnaliser les traitements…

L’heure est aujourd’hui à la personnalisation des traitements. L’objectif est d’apporter le meilleur traitement possible à toutes les patientes en termes de pronostic tout en évitant de les surtraiter avec des traitements insuffisamment efficaces et parfois mal tolérés.

Les protocoles de chimiothérapie, de radiothérapie ou d’hormonothérapie sont régulièrement réévalués en fonction de l’âge de la patiente, du statut hormonal, du stade ou des traitements antérieurs du cancer.

ans le cas de l’hormonothérapie, la durée des protocoles et le changement de molécules après quelques années font aussi l’objet d’études cliniques. Ces essais permettent de déterminer les protocoles qui, pour un groupe homogène de patientes choisies, peuvent apporter un meilleur pronostic.

… en s’aidant de biomarqueurs

Les biomarqueurs sont des molécules ou des cellules le plus souvent présentes dans le sang et dont la concentration permet de prédire l’agressivité du cancer (biomarqueur pronostique) ou sa réponse à un traitement donné (biomarqueur prédictif d’efficacité).

Récemment, les cellules tumorales circulantes (CTC) ont été identifiées dans plusieurs pathologies cancéreuses. Il s’agit de cellules cancéreuses isolées retrouvées dans la circulation sanguine. Dans le cancer du sein, ces CTC permettent de prédire une moins bonne réponse au traitement pour les tumeurs de stade métastatique ou celles de stade avancé. Lorsque ce test sera utilisé en routine, il permettra de proposer des traitements complémentaires aux patientes concernées. D’autres biomarqueurs sont aujourd’hui à l’étude.

Un espoir pour les triple-négatifs

Les tumeurs qui ne présentent ni récepteurs hormonaux (RE ou RP) ni récepteur HER2 sont des tumeurs dites « triple-négatifs » (voir encadré page 8). Elles sont généralement plus agressives et jusqu’à présent les solutions thérapeutiques étaient peu nombreuses. Depuis quelques années, une nouvelle classe de thérapies ciblées est en développement : les inhibiteurs de PARP (iniparib, olaparib…). PARP est une protéine qui intervient pour réparer l’ADN endommagé des cellules. Les inhibiteurs de PARP agissent en synergie avec la chimiothérapie : cette dernière entraîne des anomalies au niveau de l’ADN des cellules cancéreuses et les anti-PARP empêchent la cellule cancéreuse de se réparer. Les toutes prochaines années confirmeront ou non l’intérêt de cette classe thérapeutique. D’autres molécules ciblant d’autres mécanismes d’action sont aussi recherchées.

De nouveaux traitements

Évidemment, l’arrivée de nouvelles molécules plus efficaces que les précédentes est toujours un espoir fort pour lutter contre la maladie. Dans tous les domaines – chimiothérapie, hormonothérapie, thérapies ciblées –, de nouveaux médicaments sont étudiés. Récemment, plusieurs se sont révélés prometteurs : ainsi, l’erlibuline est une nouvelle molécule de chimiothérapie dérivée d’une éponge marine et qui a montré de bons résultats par rapport aux traitements utilisés jusqu’à présent dans les tumeurs de stade métastatique.

Parmi les thérapies ciblées, de nombreuses molécules sont encore à l’essai et pourraient déboucher prochainement sur une nouvelle alternative thérapeutique (neratinib, dasatinib, bosutinib, cetuximab, panitumumab…).

Enfin, le TDM-1 (trastuzumab-DM1) est aujourd’hui en développement. Il s’agit du trastuzumab sur lequel une molécule de chimiothérapie est fixée : en pratique, le trastuzumab se fixe sur les cellules cancéreuses et libère alors le traitement de chimiothérapie qui agit directement sur ces cellules. Par cette double arme thérapeutique, les chercheurs espèrent obtenir à la fois une meilleure efficacité et une meilleure tolérance.

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Marc Espié, Maître de Conférence des universités, praticien hospitalier et responsable du centre des maladies du sein à l’hôpital Saint-Louis.  

Crédit photo : Khanh-Phung Doan 

Dernière mise à jour : 22-12-2011

 

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