Comprendre la génétique des leucémies…Aujourd’hui, on ne considère plus les leucémies comme des maladies uniques mais comme des entités regroupant des formes cliniques de pronostics très variés. Les travaux des chercheurs permettent de mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à la transformation de cellules normales en cellules leucémiques. Ils montrent qu’il existe des anomalies génétiques spécifiques pour chaque type de leucémie.
Identifier les caractéristiques génétiques de chaque type de leucémie est primordial pour établir des diagnostics précis qui guideront les médecins dans le choix des traitements à administrer aux patients. Ces caractéristiques peuvent en outre apporter des informations sur le pronostic de la maladie utiles à sa prise en charge. Pour les formes les moins graves, un allègement de protocole peut être étudié dans le cadre d’un essai clinique. Pour les formes de pronostic plus lourd, la recherche vise à l’inverse à consolider le traitement avec des protocoles plus complets.
La mise en évidence d’anomalies génétiques ou moléculaires associées aux différentes formes de leucémies permet aussi la mise au point de traitements. L’objectif de nombreuses équipes de recherche est d’identifier de telles anomalies afin de développer des stratégies thérapeutiques les ciblant de manière spécifique.
Ce type de démarche a déjà permis la mise au point de médicaments de thérapie ciblée utilisés contre la leucémie myéloïde chronique (imatinib, dasatinib, nilotinib). Ils agissent en bloquant des protéines anormales fabriquées à partir de l’information codée par des gènes anormaux.
| La leucémie myéloïde chronique, curable en dehors de la greffe ? Aujourd’hui, il existe des patients dont la maladie est contrôlée depuis plusieurs années par l’imatinib. Des recherches sont en cours pour déterminer si, dans des conditions bien spécifiques, il est envisageable d’arrêter ce traitement. Les premiers essais montrent que cette alternative est possible pour une partie des patients. La recherche doit toutefois encore préciser les facteurs permettant d’identifier les patients entrant dans cette catégorie. Pour les patients d’emblée réfractaires aux nouvelles thérapies ciblées et dont le pronostic est mauvais, de nouvelles molécules sont à l’étude. Elles pourraient améliorer leur espérance de vie. |
Dossier réalisé avec le concours du Pr Didier Blaise du département d’onco-hématologie et de transplantation et thérapie cellulaire à l’Institut Paoli-Calmettes à Marseille et du Pr émérite Eliane Gluckman, directeur scientifique d’Eurocord, AP-HP, Université Paris VII Hôpital Saint-Louis à Paris.
Crédit photo : Tetra/BSIP
Dernière mise à jour : 22-12-2011