Le Dr Sylviane Olschwang et ses collaborateurs se sont lancés un défi : réduire la mortalité associée au cancer du côlon en découvrant le moyen d’identifier les patients qui risquent de développer des métastases dès le diagnostic. Une telle découverte permettrait en effet d’administrer à ces personnes un traitement visant à prévenir la formation de métastases.
Les cancers colorectaux sont les cancers les plus fréquents en France, après ceux de la prostate et du sein. L’Institut national de veille sanitaire estime que près de 40 000 nouveaux cas devraient être diagnostiqués en 2010. Parallèlement, plus de 17 000 décès liés à cette maladie seront à déplorer. Dans 9 cas sur 10, ces décès seront liés au développement de métastases.
Dans environ un tiers des cas, les cancers colorectaux sont diagnostiqués à un stade dit « localement avancé » (ou « stade II ») : la tumeur a envahi la paroi de l’intestin, mais elle ne s’est étendue ni aux ganglions ni au reste de l’organisme. Dans une telle situation, les médecins vont retirer la portion de l’intestin qui présente la tumeur sans proposer de traitement complémentaire, dit « adjuvant ». Chez 80 % des patients, ce geste suffit à guérir la maladie. Mais chez les 20 % restants, des métastases apparaissent quelque part dans l’organisme au cours des cinq années suivantes.
Pour réduire ce risque de rechute, une solution existe : il s’agit d’administrer aux patients des médicaments capables de détruire les cellules tumorales qui se sont échappées de la tumeur et qui pourraient conduire au développement de métastases. Ces médicaments sont efficaces, mais leur administration n’est pas dénuée d’effets secondaires parfois très lourds. C’est la raison pour laquelle les chimiothérapies adjuvantes ne peuvent être prescrites à tout le monde, « juste au cas où… ». En revanche, en découvrant comment identifier les patients chez lesquels de tels traitements seraient bénéfiques en raison d’un risque accru de rechute, il serait possible de sauver de nombreuses vies.
C’est précisément l’objectif de l’équipe du Dr Olschwang. En collaboration avec d’autres chercheurs et plusieurs équipes médicales, Sylviane Olschwang recherche des gènes de prédisposition au développement de métastases chez les patients atteints d’un cancer du côlon.
Pour ce faire, les chercheurs vont analyser le patrimoine génétique de plusieurs milliers de patients atteints d’un cancer colique de stade II. En comparant les données relatives aux patients qui ont développé des métastases et celles des patients qui n’ont pas rechuté, il sera possible de mettre en évidence des particularités génétiques associées à la rechute.
Ce travail pourrait conduire à l’élaboration d’un test génétique : réalisé lors d’un diagnostic de cancer du côlon, il permettrait de choisir l’approche thérapeutique la plus adaptée au patient, en fonction de son risque de métastase. Les travaux du Dr Olschwang devraient en outre fournir d’importantes informations sur les mécanismes conduisant à la formation des tumeurs secondaires. Ils pourraient même conduire à la découverte de stratégies thérapeutiques visant à empêcher leur développement.
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