L'ARC soutient des travaux qui vont permettre à des chercheurs de mettre au point un système pour perfectionner la chirurgie éveillée de certaines types de tumeur du cerveau.
Le projet financé par l’ARC porte sur certaines tumeurs du cerveau : lesgliomes de « bas grade ». Il vise à améliorer le traitement de ces cancers. L’approche interdisciplinaire de François BONNETBLANC, spécialiste de la plasticité cérébrale , et de Hugues DUFFAU, neurochirurgien, permettra de développer un système pour perfectionner la chirurgie éveillée de ce type de tumeur, dans l’optique d’améliorer la qualité de vie des patients après l’opération et de leur suivi.
En France, chaque année, plus de 4 000 personnes apprennent qu’elles sont porteuses d’une tumeur cérébrale. Selon l’Institut de veille sanitaire, le taux de mortalité associé à ce type de lésion aurait amorcé une légère diminution depuis quelques années. Toutefois, les tumeurs du cerveau entraînent encore le décès d’un peu plus de 3 000 patients par an. De multiples types de tumeurs du cerveau existent. Dans la moitié des cas, il s’agit de « gliomes », une variété de tumeur issue du tissu nerveux. Ces dernières sont classées en fonction de leur morphologie mais aussi, depuis peu, en fonction de caractéristiques moléculaires fournissant des informations pronostiques. On distingue les gliomes de « bas grade », bénins ou prémalins, des gliomes de « haut grade », malins voire agressifs. Il a été prouvé que les gliomes de bas grade changent de nature biologique et évoluent vers des gliomes de haut grade. Enlever un gliome de bas grade permet donc d’éviter son développement en un gliome de haut grade.
Au cours des dernières années, des progrès thérapeutiques ont été réalisés. Le traitement des gliomes de bas grade est en train de vivre une petite révolution grâce à la chirurgie éveillée. En opérant un patient conscient, le chirurgien peut retirer beaucoup plus de tissu tumoral qu’autrefois, tout en diminuant le risque de séquelles. La chirurgie éveillée, qui consiste à opérer un patient conscient, permet de le soumettre à différents tests au cours de l’opération. Ainsi, il est possible de s’attaquer à des zones de la tumeur qui sont proches du tissu cérébral sain, tout en vérifiant qu’on ne porte pas atteinte à des fonctions telles que la parole, la vue ou la motricité. Cette technique permet de tester les capacités cognitives et motrices des patients au cours de l’opération.Aujourd’hui, on sait évaluer une partie des performances cognitives des patients mais peu de tests mesurent leurs facultés motrices. François BONNETBLANC et son équipe cherchent donc à mettre au point un système pour mesurer efficacement les performances motrices, cognitives et langagières de patients avant, pendant et après une chirurgie visant à leur retirer une tumeur cérébrale.

François BONNETBLANC, en collaboration avec Hugues DUFFAU, cherche à identifier des tâches fonctionnelles nouvelles pour guider la chirurgie. Une des difficultés concerne la nature de ces tâches : elles doivent être faciles à réaliser par le patient dans les contraintes inhérentes à l’opération.En parallèle, les chercheurs étudient la construction d’un appareil de type tactile qui, en guidant la chirurgie en temps réel, servira à la réalisation de ces tâches et à l’enregistrement des performances des patients. Ce système va permettre une évaluation fine et précise des fonctions motrices des patients lors de la chirurgie éveillée. Ce procédé s’avère donc essentiel pour améliorer la qualité de vie des patients après l’opération. Il permettra au chirurgien de retirer les zones tumorales qui ne démontrent pas de fonctions apparentes lorsque le sujet réalise une tâche en rapport avec la localisation de la tumeur, tout en assurant une veille plus attentive après l’opération.Le prototype de cet appareil pourra être utilisé en pratique sur des patients courant 2011.
La subvention attribuée par l’ARC pour ce projet s’élève à 180 000 € pour trois ans. Elle servira à couvrir l’achat de matériel informatique, tels que des ordinateurs et des logiciels nécessaires au recueil et au traitement des données collectées. Ce montant permettra également de mettre au point le prototype du système « Kinboard » d’évaluation pré, per et post-opératoire de la performance fonctionnelle des patients. Un poste d’ingénieur d’étude sera créé afin de valider le dispositif de mesure et d’évaluer les patients atteints de gliomes de bas grade.