Autrefois, les chercheurs et les médecins pensaient que toutes les cellules d’une tumeur cancéreuses étaient identiques et qu’elles étaient toutes capables de donner naissance à une nouvelle tumeur. Mais depuis quelques années, on sait que cela est généralement faux : les tumeurs sont constituées de plusieurs types de cellules cancéreuses, dont seule une minorité est capable de conduire à la formation d’une tumeur secondaire. On parle de « cellules initiatrices de tumeur » ou encore de « cellules souches cancéreuses ».
Diverses données suggèrent que ces cellules seraient résistantes aux traitements antitumoraux actuellement disponibles. Ce phénomène expliquerait pourquoi les cancers ont souvent tendance à récidiver : les traitements que l’on utilise aujourd’hui permettent d’éliminer toutes les cellules tumorales, sauf les cellules souches cancéreuses. Celles-ci peuvent alors persister dans l’organisme, risquant à tout moment de donner naissance à une nouvelle tumeur.
Pour soigner plus efficacement les cancers et éliminer ce risque de récidive, il est donc nécessaire de découvrir des traitements capables de tuer les cellules souches cancéreuses. Et pour cela il est nécessaire de comprendre pourquoi ces cellules résistent aux approches classiques et de découvrir leur talon d’Achille.
C’est précisément ce à quoi s'attellent Daniel Birnbaum et ses collaborateurs du centre de recherche en cancérologie de l’Institut Paoli-Calmettes.
Les chercheurs étudient les cellules souches cancéreuses de tumeurs du sein. Ils ont mis au point un protocole qui leur permet de les isoler à partir d’un échantillon de tumeur et ils analysent leurs propriétés moléculaires et génétiques. Ils espèrent ainsi parvenir à identifier des caractéristiques spécifiques à cette population de cellules et ouvrir des pistes de recherche pour la mise au point de nouveaux traitements.
L’ARC soutient ce projet de recherche. L’association a en effet versé 215 000 euros à l’équipe de Daniel Birnbaum, pour l’achat d’un équipement très sophistiqué nécessaire à l’isolement des cellules souches de cancer du sein.