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Cancer du foie : lutter contre l’hépatite B pour prévenir la maladie

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A l’Institut Pasteur de Paris, Marie-Annick Buendia et ses collaborateurs du laboratoire « Oncogenèse et Virologie Moléculaire » (Unité Inserm U579) étudient le rôle du virus de l’hépatite B dans le développement des cancers du foie. Leur objectif : éradiquer le virus pour prévenir le risque de cancer.

Si les cancers ne sont pas des maladies transmissibles, certaines maladies infectieuses constituent d’importants facteurs de risque de cancers. C’est notamment le cas de l’hépatite B chronique, une maladie virale qui concernaient en 2004 plus de 280 000 personnes en France*. Ce virus augmente significativement le risque de développer un cancer du foie, une maladie qui reste aujourd’hui associée à un mauvais pronostic. A l’échelle mondiale, on estime que plus de 50 % des cancers du foie sont liés à une hépatite B chronique.

Et s’il existe un vaccin permettant de se protéger du virus responsable de cette maladie, il n’existe encore aucun traitement suffisamment efficace pour guérir les personnes qui ont malgré tout contracté l’hépatite B. Pour parvenir à traiter ces patients et ainsi prévenir le risque de cancer foie auquel ils sont exposés, il est nécessaire de découvrir de nouvelles pistes thérapeutiques antivirales.

C’est précisément l’objectif de l’équipe de Marie-Annick Buendia. Ces chercheurs de l’Institut Pasteur étudient depuis de nombreuses années le rôle du virus de l’hépatite B dans le développement du cancer du foie. Ils étudient en particulier les interactions entre les protéines du virus et les protéines des cellules du foie. C’est grâce à ces interactions que le virus parvient à se multiplier, à persister dans l’organisme des personnes qu’il a infecté et à conduire les cellules saines à se transformer en cellules cancéreuses.

Récemment, différentes données expérimentales ont montré qu’une des protéines du virus de l’hépatite B, la protéine virale HBx, est absolument nécessaire à la multiplication du virus. Par ailleurs, cette protéine perturbe le bon fonctionnement des cellules infectées. C’est ainsi qu’elle participerait au développement des cancers du foie.

Les travaux actuels de Marie-Annick Buendia et son équipe ont pour but d’isoler la protéine virale HBx associée à une protéine de la cellule qui est indispensable à son activité. En étudiant la structure du complexe formé par ces deux protéines, les chercheurs vont pouvoir mettre au point des molécules capables d’empêcher la formation du complexe, et donc d’inhiber l’activité de HBx. Cette stratégie devrait permettre de traiter les infections par le virus de l’hépatite B et de prévenir le développement des cancers du foie associés.

Ce projet de recherche est soutenu par l’ARC, au travers d’une subvention attribuée en 2008, d’un montant de 50 000 euros.

*sources : Institut national de veille sanitaire

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