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La prise en charge des autres symptômes liés au cancer

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Les manifestations digestives

Les nausées et vomissements sont des symptômes pouvant accompagner la maladie ou les traitements. Les conseils d’un diététicien sont utiles à la mise en place de mesures préventives générales comme celle consistant à privilégier la prise de petites quantités d’aliments lors des repas, composés de plats appétissants.

Le recours aux traitements médicamenteux est souvent nécessaire. L’association de plusieurs antiémétiques est possible dans les situations de nausées importantes. Des mesures complémentaires comme l’acupuncture ou l’hypnose ont également leur place. La constipation est assez fréquente, souvent induite par les médicaments antalgiques, la déshydratation et l’alitement prolongé. Les conseils d’une diététicienne sont précieux. Des mesures préventives peuvent être mises en place, par exemple :

boire au moins 1,5 litre d’eau chaque jour (par petites quantités) ;
maintenir une activité physique, même modérée ;
réaliser des massages abdominaux dans le sens des aiguilles d’une montre (kinésithérapie) ;
privilégier une alimentation riche en fibres (fruits et légumes, céréales).

Si la constipation s'installe malgré de bonnes mesures hygiéno-diététiques, un traitement laxatif devient nécessaire. Un tel traitement est systématiquement nécessaire chez les personnes recevant des morphiniques. L’objectif de la prise en charge de la constipation est la conservation d’un transit régulier. L’interruption complète du transit est une complication appelée occlusion intestinale. Il existe des solutions thérapeutiques (réhydratation, corticoïdes, molécules anti-sécrétoires…) permettant d’améliorer la situation. Parfois, la chirurgie est nécessaire.

Les difficultés respiratoires

Certaines maladies en touchant le système respiratoire peuvent s’accompagner d’une gêne respiratoire (ou dyspnée). Comme pour la douleur, la sévérité de ce symptôme n’est pas toujours corrélée à la gravité de la pathologie qui est à son origine. Dans tous les cas, il est important d’assurer un bon confort respiratoire au malade. Quelques règles simples doivent être respectées :

Assurer une bonne position au repos (le plus souvent semi-assis), afin de respecter la mécanique respiratoire (bonne amplitude des mouvements du diaphragme, respect des temps inspiratoires et expiratoires…). La kinésithérapie et les exercices respiratoires de relaxation ont beaucoup d’importance dans le soulagement de ce symptôme.
Assurer une bonne ventilation de la pièce : un léger courant d’air frais sur le visage entraine une stimulation des branches faciales du nerf trijumeau qui est impliqué dans les mécanismes de régulation de la respiration.
Assurer un bon degré d’humidité de la pièce (l’air sec des pièces surchauffées est à déconseiller).

Des médicaments peuvent être prescrits pour diminuer le seuil de perception de la gêne respiratoire par le cerveau. L'oxygénothérapie (par « lunettes nasales » ou au masque) est parfois utile mais pas toujours indispensable. Dans les situations d’urgence respiratoire (gêne respiratoire aiguë et intense), il est possible de recourir à une sédation afin de soulager le malade, le temps de trouver la cause de cette complication. Cette technique consiste en une « mini anesthésie » qui provoque un « sommeil » (ou « coma » artificiel) transitoire et réversible.

Les symptômes liés à un alitement prolongé

Lorsque l’alitement est prolongé ou que les mouvements sont restreints (fracture, sonde en post-chirurgie…), on doit veiller à l’entretien de la mobilité et de la souplesse articulaire du patient pour éviter l’ankylose. C’est le travail de l’équipe soignante et des rééducateurs (kinésithérapeute, ergothérapeute, psychomotricien…).

Par ailleurs, une irritation de la peau en regard des zones d’appui du corps sur le matelas peut survenir. Si l’appui persiste, la peau peut s’altérer et entraîner une lésion : on parle d’escarre. Dans ces situations repérées comme à risque, la prévention des escarres est primordiale (aide au changement de position, effleurage des zones d'appui,  pansements préventifs,  matelas dynamiques…). Des chaussons adaptés permettent d’éviter les frottements sur les zones sensibles comme les talons. Les pansements dits hydrocolloïdes permettent de prévenir la survenue des escarres et d’en accélérer la cicatrisation.

La perte d’appétit

La diminution de l’appétit est souvent due à la maladie elle-même, parfois amplifiée par une infection ou par certains traitements anti-tumoraux. La prise en charge nutritionnelle des patients est graduelle et s’intègre à une approche globale qui privilégie la qualité de vie. Cette prise en charge permet de ralentir la survenue d’une perte de poids trop importante. Dans tous les cas, l’alimentation par voie orale est à privilégier. Il est important de conserver l’envie de manger, grâce à des plats simples, bien présentés.

On peut améliorer la situation nutritionnelle du patient en modifiant simplement la composition de plats quotidiens pour les enrichir (ajouter des œufs dans une purée…) ou en fractionnant les repas (proposer une collation dans la matinée et un goûter). Il existe également des compléments alimentaires, sous forme de boissons, de potages ou d’entremets. Différents parfums sont disponibles salés ou sucrés (chocolat, vanille, fruits…), ce qui permet de varier les goûts.Les conseils d’une diététicienne sont précieux pour trouver les solutions adaptées à la situation et aux goûts de chacun.

La prise en charge nutritionnelle peut aussi passer par l’administration de médicaments qui stimulent l’appétit (médicaments « orexigènes »). Parfois, le recours à une alimentation artificielle est nécessaire. Il existe plusieurs méthodes : sonde nasogastrique, gastrostomie, chambre implantable… Chaque technique présente des avantages et des inconvénients, parfois des risques, qu’il convient de peser au cas par cas.

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Sylvain Pourchet, médecin responsable de l’unité de soins palliatifs à l’Hôpital Paul Brousse, Villejuif. 

Crédit photo : Alix/phanie

Dernière mise à jour : 28-01-2011

 

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