Les cancers sont des maladies dans lesquelles des anomalies génétiques sont systématiquement retrouvées au niveau de la tumeur. Ils résultent de la transformation progressive du patrimoine génétique d’une cellule normale : des altérations génétiques (ou mutations) s’y accumulent au fil du temps et finissent par rendre la cellule tumorale. Les altérations génétiques peuvent avoir des causes diverses : l'âge, les radiations, les agents chimiques, l'alimentation, la fumée du tabac… Parfois, une mutation directement impliquée dans le développement des tumeurs est présente dans toutes les cellules d’une personne, dès sa naissance. On dit qu'elle est « héréditaire ». Dans cette situation, une étape du processus tumoral étant franchie d’entrée, le risque de cancer de cette personne est plus élevé que celui de la population générale. On parle alors de « prédisposition génétique » au cancer.
Une personne qui porte une mutation prédisposant au cancer dans toutes ses cellules a 50 % de risque de la transmettre à son enfant. Toutefois, même s’il hérite de la mutation, l’enfant ne développera pas obligatoirement un cancer : c'est le risque qui se transmet et non le cancer. Cependant, dans les familles où une altération génétique prédisposant au cancer se transmet, le nombre de cancers déclarés est plus élevé que dans le reste de la population.
Une personne présentant une prédisposition génétique ne développera pas obligatoirement un cancer. Tout dépend de la pénétrance de la mutation en cause, c’est-à-dire de la probabilité que cette mutation « s’exprime ». La pénétrance des mutations impliquées dans les rétinoblastomes ou la polypose colique familiale est très élevée : elle rend quasi-obligatoire la survenue d’un cancer si aucune mesure préventive n’est proposée au porteur de la mutation. Les mutations de gènes comme BRCA1, BRCA2, hMSH2 ou hMLH1, impliqués dans les cancers du sein, de l’ovaire ou du côlon ont une pénétrance moins importante, mais celle-ci reste élevée, de l'ordre de 50 à 70 %.
Les cellules de l’organisme « fonctionnent » grâce à leurs gènes (ADN). Chaque cellule comporte deux copies de chaque gène, l’un hérité de la mère, l’autre du père. Mais certains évènements (exposition au tabac, à l’alcool, au soleil…) peuvent altérer et rendre inopérants l’une et/ou l’autre de ces copies. Lorsque ces gènes ont un rôle dans le contrôle de la multiplication des cellules ou dans la réparation d’autres gènes, le risque de cancer apparaît.
Au total, on a identifié une cinquantaine de gènes dont des mutations peuvent induire un risque de cancer. Ils sont répartis en trois catégories :
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Pascal Pujol, responsable de l'unité d'oncogénétique, CHU de Montpellier et CRCM Val d'Aurelle.
Crédit photo : iStockPhoto - Lorsqu'un même type de tumeur est retrouvé chez plusieurs membres proches de la famille (fratrie, ascendance et descendance directe, parents germains), souvent à une âge précoce (40-50 ans), on peut suspecter que le cancer est d'origine héréditaire.
Dernière mise à jour : 18-04-2011
Pour en savoir plus, téléchargez la brochure Hérédité et cancer