Elle forme une barrière protectrice entre notre organisme et l’environnement extérieur. Elle est formée de trois couches superposées de tissus qui sont, de l’extérieur vers l’intérieur :
L’épiderme. Il mesure en moyenne un millimètre d’épaisseur (il est plus épais sur la paume des mains et à la plante des pieds). Il est majoritairement composé de cellules appelées kératinocytes qui assurent principalement une protection mécanique. Il contient également des cellules nommées mélanocytes, moins nombreuses, qui protègent la peau contre les rayons néfastes du soleil (UV).
Le derme. C’est dans ce tissu intermédiaire que l’on trouve les terminaisons nerveuses, les vaisseaux sanguins et les vaisseaux lymphatiques. C’est lui qui assure la nutrition de la peau.
L’hypoderme. Il forme la couche la plus profonde de la peau. Il est riche en cellules graisseuses, ce qui lui permet d’assurer un rôle d’isolant thermique.
C’est au niveau de l’épiderme que naissent les cancers cutanés : les carcinomes se développent à partir des kératinocytes, les mélanomes touchent les mélanocytes.
Le mélanome se développe au niveau des couches les plus profondes de l’épiderme, à proximité du derme riche en vaisseaux sanguins. Il forme le cancer cutané le plus grave, avec un risque de développement de métastases. Principalement diagnostiqué vers 50 ans, le mélanome se développe sur n’importe quelle partie du corps, à partir de la peau « normale » ou d’un grain de beauté.
Le carcinome basocellulaire prend également naissance dans la couche la plus profonde de l’épiderme, appelée couche basale. Dans deux cas sur trois, il se développe au niveau du visage, de la tête ou du cou, mais peut être localisé ailleurs : tronc, membres, pieds, organes génitaux… Il se développe généralement sur une peau saine, en prenant l’aspect d’un nodule ferme et rosé ; il s’agit alors de la forme la plus commune, appelée nodulaire. En évoluant en plaque, il se creuse légèrement en son centre (en « coup d’ongle ») et peut s’ulcérer. Sur les membres et le tronc, on trouve plus souvent une forme dite superficielle, plane et rouge. Plus rarement observé, le carcinome sclérodermiforme prend l’aspect d’une plaque dure et brillante, mal délimitée et déprimée en son centre ; il est souvent diagnostiqué plus tardivement. D’une manière générale, le carcinome basocellulaire est une tumeur d’évolution lente et pour lequel le risque de métastases reste exceptionnel (0.002% des cas). Cependant, non traitée, cette tumeur s’étend fréquemment au niveau des tissus sous-jacents, comme l’os ou le cartilage, avec des conséquences graves, voire mortelles.
Le carcinome spinocellulaire ou épidermoïde se développe au niveau de la couche intermédiaire de l’épiderme, appelée couche spinocellulaire. Il peut être localisé sur n’importe quelle partie du corps, mais apparaît généralement au niveau de zones habituellement exposées au soleil. Souvent, ces tumeurs se développent à partir de lésions préexistantes de la peau : kératoses actiniques (petites lésions épaissies de la peau, liées à l’exposition solaire), ulcères chroniques de jambes, cicatrices de brûlures… Dans un premier temps, ces tumeurs se présentent comme des petites plaques rouges et squameuses (maladie de Bowen). Leur pronostic est moins bon que celui des carcinomes baso-cellulaires ; en l’absence prolongée de traitement, ils peuvent s’étendre aux ganglions lymphatiques voisins et faciliter la dissémination de métastases.
Le plus souvent, les carcinomes sont diagnostiqués après 60 ans.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Philippe Saiag, chef de service de dermatologie générale et oncologique et directeur de l’équipe d’accueil 4339 « peau, cancer, environnement » au CHU A. Paré, Boulogne-Billancourt. Il est également médecin dermatologue à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.
Illustration : Jacopin
Dernière mise à jour : 08-02-2011