L’objectif de cette chirurgie est d’intervenir avant l’apparition de la tumeur proprement dite. En pratique, il s’agit de retirer des éléments anormaux bénins, mais dont on sait que le risque d’évolution vers un cancer est important : pour exemple, des polypes intestinaux peuvent être retirés afin de prévenir le développement ultérieur d’un cancer du côlon, des anomalies présentes au niveau du col de l’utérus sont retirées afin de prévenir le cancer du col utérin, certaines calcifications au niveau du sein peuvent être retirées afin de limiter leur évolution vers une forme maligne.
Un paramètre essentiel entre en ligne de compte dans le recours à une chirurgie prophylactique : le risque encouru par le patient de voir cette anomalie non cancéreuse se développer en une tumeur cancéreuse. Ce risque dépend à la fois du potentiel intrinsèque à l’anomalie mais aussi du terrain génétique du patient.
On sait que dans certaines familles (moins de 5 % de la population générale), le risque de cancérisation de ces anomalies est plus important que dans le reste de la population. Dans ces familles à risque, identifiées à partir des antécédents familiaux de cancers, des consultations spécialisées et un suivi rapproché sont proposés. La chirurgie n’est proposée qu’après concertation entre spécialistes, et avec le patient.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Tournigand, médecin au service d’oncologie médicale à l’Hôpital Saint-Antoine (Paris).
Dernière mise à jour : 04-05-2012