La prise en charge de certains cancers passe par des approches thérapeutiques dites « reprotoxiques ». Chez les femmes, les protocoles de chimiothérapie ou de radiothérapie peuvent altérer les ovaires, conduisant à une insuffisance ovarienne qui se traduit par une ménopause précoce. Chez les hommes, ces traitements peuvent également interférer avec la production des spermatozoïdes et entraîner une stérilité transitoire ou permanente.
Les spermatozoïdes sont des cellules qui présentent l’avantage de pouvoir être conservées par congélation. Une cryoconservation de sperme est donc proposé aux patients dont le traitement peut conduire à une perte de la fertilité. Les échantillons de sperme alors recueillis pourront être utilisés pour pratiquer une fécondation in vitro lorsque le patient le souhaitera.
La principale stratégie proposée aux femmes qui désirent préserver leur possibilité d’avoir un enfant après un traitement reprotoxique consiste à produire des embryons par fécondation in vitro juste avant le traitement : des ovules matures sont prélevés chez la patiente après une stimulation ovarienne, puis mis en présence de spermatozoïdes de leur conjoint. Les embryons ainsi obtenus sont congelés. Ils pourront être réimplantés dans l’utérus de la patiente à l’issue de son traitement anticancéreux.
Contrairement aux spermatozoïdes et aux embryons, les ovules supportent mal la congélation et la décongélation. C’est pourquoi il est nécessaire de passer par un protocole de fécondation in vitro. Même si cette technique est assez efficace, elle pose certains problèmes : en premier lieu, elle ne s’adresse qu’aux femmes en couple. Par ailleurs, sa mise en œuvre n’est pas toujours possible car elle nécessite du temps. Or il n’est pas toujours possible de repousser le début du traitement. Enfin, il existe un doute sur l’effet à long terme de la stimulation ovarienne nécessaire à l’obtention des ovules.
La technique de l’autogreffe de tissu ovarien permet de s’affranchir de ces différents problèmes. Toutefois, la technique est encore expérimentale. Cette stratégie consiste à prélever et à congeler un fragment d’ovaire de la patiente avant le début du traitement. Le fragment est réimplanté à l’issue du protocole thérapeutique. En septembre 2009, seules sept grossesses avaient été obtenues à travers le monde grâce à cette technique.
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Source : INCa
Dernière mise à jour : 25-11-2009