Notre système immunitaire comprend des cellules capables de reconnaître et de détruire les cellules cancéreuses. Encore faut-il que ces cellules soient en mesure de parvenir jusqu’aux tumeurs. Pour ce faire, Jean-Philippe Girard et ses collègues de l’université de Toulouse Paul Sabatier ont récemment découvert qu’elles utilisent des vaisseaux sanguins particuliers, nommés HEV. Les chercheurs ont pu montrer que, dans le cas des cancers du sein au moins, la présence de ce type de vaisseaux au sein de la tumeur constitue d’ailleurs un facteur de bon pronostic : en d’autres termes, plus une tumeur comporte de vaisseaux HEV et plus le cancer a des chances de guérir.
Restait encore à comprendre comment ces vaisseaux se forment. En étudiant les cellules présentes dans leur voisinage, Jean-Philippe Girard et ses collègues ont pu mettre en évidence le rôle fondamental des cellules dites « dendritiques » dans ce processus. Les cellules dendritiques sont des cellules qui appartiennent elles aussi au système immunitaire. Elles semblent capables de délivrer des signaux aux vaisseaux sanguins « normaux », afin de conduire à leur transformation en vaisseaux HEV. La découverte de ce mécanisme pourrait conduire à la mise au point de nouvelles stratégies, permettant de multiplier le nombre de vaisseaux HEV au sein des tumeurs et ainsi d’améliorer le pronostic des patients atteints de cancer.
L’ARC soutient ces travaux depuis 2008. L’association a renouvelé son soutien à Jean-Philippe Girard en juin dernier, en lui attribuant une subvention d’un montant de 350 000 euros.
C. Moussion et J.-P. Girard, « Nature », publication en ligne avancée du 13 novembre 2011
Dernière mise à jour : 25-11-2011