Une étude américaine révèle comment l’alcool peut induire la transformation de cellules saines du sein ou du foie en cellules cancéreuses. Ces travaux montrent en effet que, dans ces cellules, l’alcool conduit à la formation de lésions du matériel génétique potentiellement cancérigènes.
Les cellules du sein et du foie produisent un enzyme nommé « alcool déshydrogénase 1B ». Cet enzyme est impliqué dans la dégradation de l’alcool (ou plus exactement dans celle de l’éthanol) : il conduit à la synthèse de molécules d’acétaldéhyde à partir des molécules d’éthanol qui pénètre dans les cellules. Or, les acétaldéhydes peuvent endommager l’ADN cellulaire.
Les chercheurs américains ont reproduit ce phénomène in vitro, en exposant des cellules humaines à des quantités d’alcool correspondant à celles auxquelles nos cellules sont exposées après une consommation « modérée » de boissons alcoolisées. Ils ont pu observer la formation d’acétaldéhyde, celles de lésions de l’ADN ainsi que la mise en route d’un système de réparation de ces lésions.
Les cellules sont en effet équipées de « systèmes de sécurité » qui détectent et réparent toute atteinte à l’intégrité de leur matériel génétique. Mais il arrive que ces systèmes se dérèglent ou ne fonctionnent plus. Dans de telles situations, les lésions de l’ADN induites par des substances comme l’acétaldéhyde peuvent conduire à la transformation des cellules saines en cellules cancéreuses.
J. Abraham et coll., « Alcoholism : Clinical & Experimentl Research », édition en ligne avancée du 15 septembre 2011
Pour en savoir plus sur les liens entre alcool et cancer
Dernière mise à jour : 30-09-2011