Examen cliniqueLorsqu’il s’agit de diagnostiquer un cancer du sein, le médecin va en premier lieu réaliser un examen clinique de sa patiente. Une palpation attentive du sein peut en effet être très instructive. Elle permet d’évaluer la taille, la consistance, la mobilité d’une anomalie… Le médecin observe également si la peau recouvrant le sein se modifie à certains endroits, en demandant à la patiente de mettre ses bras dans différentes positions.
S’il détecte une lésion à la palpation, il faut en vérifier la nature car d’autres pathologies du sein peuvent se traduire par une « boule » au toucher (kystes, mastose…). D’autres examens sont alors nécessaires.
Systématiquement proposée aux femmes dans le cadre du dépistage organisé, la mammographie est aussi prescrite en cas d’anomalie détectée à la palpation.
Pour réaliser cet examen, la patiente est installée debout, torse nu, dans la cabine de radiologie. Des clichés radiographiques sont réalisés pour chaque sein. Pour cela, le sein est comprimé entre deux plaques. Cette manipulation n’est pas toujours agréable mais n’est pas véritablement douloureuse. Pour chaque sein, deux clichés sont pris : l’un de face, l’autre de profil. Au total, l’examen dure entre 5 à 10 minutes.
Par la suite, chaque cliché est étudié par le radiologue. Si une anomalie est repérée, d’autres examens sont prescrits.
L’échographie est une méthode qui utilise des ondes sonores de haute fréquence inoffensives (ultrasons) pour générer des images relativement précises de nos organes. Dans le cadre d’un diagnostic de cancer du sein, elle permet de caractériser plus précisément la nature d’une lésion repérée par mammographie. Elle est utilisée pour faciliter l’interprétation de clichés de mammographie compliqués ou douteux. Elle est aussi directement employée chez les femmes qui ont des seins très denses qui ne peuvent être observés par radiographie.
L’examen est totalement indolore et dure moins de 30 minutes. La patiente est allongée et un gel est appliqué sur le sein à observer. La sonde est alors appliquée fermement contre le sein et orientée dans toutes les directions pour observer la totalité du tissu mammaire. Le médecin s’intéresse plus précisément aux anomalies qu’il peut repérer grâce aux différences de contraste existant entre celles-ci et le reste du sein. En évaluant précisément leur profil, il peut orienter son diagnostic vers une anomalie bénigne (par exemple un kyste) ou vers une tumeur maligne. En cas de suspicion de cancer, d’autres examens sont nécessaires.
Un diagnostic de cancer ne peut être porté qu’après avoir étudié au niveau microscopique la nature des cellules composant la lésion repérée grâce aux techniques d’imagerie :
Un certain nombre d’examens doivent être conduits pour savoir si la maladie s’est étendue à d’autres parties de l’organisme, comme les ganglions lymphatiques voisins, mais aussi les poumons, le foie, les os ou le cerveau. Tous ces examens constituent le « bilan d’extension». Il comporte selon les cas des analyses de sang, une radiographie thoracique, une échographie abdominale et éventuellement pelvienne, une scintigraphie osseuse et/ou un bilan biologique, avec notamment un dosage des marqueurs tumoraux (par exemple le marqueur CA15-3).
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) n’est pas proposée de manière systématique dans le bilan d’un cancer du sein. Elle peut cependant être proposée dans certains cas.
Grâce aux résultats de l’ensemble de ces examens, le médecin peut évaluer le stade de la maladie, selon la « classification T.N.M » (voir encadré en bas de page) et ainsi élaborer une stratégie thérapeutique.
La stratégie de traitement la plus appropriée pour un cancer donné dépend de sa classification T.N.M. Cette classification est définie en fonction de :
Au final, le bilan permet d’établir un classement des cancers : du stade I le plus précoce, au stade IV le plus avancé. Chacun de ces stades nécessite la mise en place d’un protocole de traitement spécifique.
| La classification ACR (American College of Radiologists) La classification ACR est utilisée pour décrire et classer les images de sein obtenues par mammographie, échographie ou imagerie par résonance magnétique (IRM). Il existe 6 catégories d’images allant de ACR0 à ACR5 ; chaque catégorie est définie par la présence ou non d’anomalie (bénigne ou maligne), la nécessité d’un suivi et/ou d’examens complémentaires.. |
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Marc Espié, Maître de Conférence des universités, praticien hospitalier et responsable du centre des maladies du sein à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.
Crédit photo : Burger/Phanie
Dernière mise à jour : 22-12-2011