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Et si le talon d’Achille du cancer était au bout des chromosomes ?

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Un traitement ciblé universel, efficace pour les cancers : des recherches en cours laissent espérer que cette utopie pourrait devenir réalité.

Quel est le talon d’Achille des cellules cancéreuses ? La caractéristique qu’elles partagent toutes et qui est absolument nécessaire à leur nocivité ? Celle qui pourrait constituer une cible parfaite pour un traitement idéal, capable d’éradiquer tous les types de tumeur ? Selon de nombreuses équipes de scientifiques, la réponse est au bout des chromosomes.

Les extrémités de nos chromosomes s’appellent « les télomères ». Composés d’ADN et de diverses protéines, les télomères adoptent une structure aux propriétés « protectrices », comme le petit bout de plastique qui protège l’extrémité d’un lacet de chaussure.

A chaque fois qu’une cellule se dédouble, ses télomères raccourcissent. Au bout d’un certain nombre de divisions, lorsque les télomères sont devenus trop courts, la cellule entre en « sénescence » et meurt. Cependant, ce phénomène peut se dérégler : les cellules vont alors se diviser à l’infini sans que leurs télomères raccourcissent. Elles deviennent ainsi immortelles, une qualité indispensable aux cellules cancéreuses.

En comprenant les mécanismes qui conduisent au dérèglement de la biologie des télomères et à l’immortalisation des cellules, il devrait être possible de développer des médicaments qui s’opposent à ce phénomène. Ces médicaments seraient théoriquement efficaces contre tous les types de cellules tumorales.

Une équipe de chercheurs de l’université du Michigan s’approche aujourd’hui de ce but : Ming Lei et ses collaborateurs ont en effet identifié un ensemble de protéines qui pourrait être la cible d’un tel médicament. Leurs interactions régulent la fonction de la télomérase, l’enzyme qui s’oppose au raccourcissement des télomères.

En France, l’équipe d’Eric Gilson (Ecole Normale Supérieure de Lyon) travaille sur la même thématique. L’ARC soutient ses travaux. En 2009, l’Association lui a versé une subvention d’un montant de 400 000 euros.

Voir aussi Un Nobel pour une cible anticancer

Photo : structure en 3D d'un télomère  

Dernière mise à jour : 08-06-2010

 

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