Pour se développer, les tumeurs doivent « se fondre » dans leur environnement. Elles doivent notamment réussir à se rendre invisibles aux yeux du système immunitaire chargé de repérer et de détruire tout ce qui est anormal dans l’organisme.
Des chercheurs de l’Institut Curie ont découvert comment les cellules des tumeurs de la vessie procèdent pour parvenir à ce résultat. En collaboration avec des médecins de plusieurs hôpitaux d’Ile-de-France, les équipes de Clotilde Théry et de François Radvanyi ont montré que ces cellules utilisent une protéine nommée lactadhérine.
Les chercheurs ont constaté que plus les tumeurs de la vessie synthétisaient cette protéine en grande quantité et plus elles se développaient vite et étaient agressives. En étudiant le phénomène de plus près, ils ont découvert que la surexpression de la lactadhérine par les tumeurs était associée à la présence d’un type particulier de cellules immunitaires : les lymphocytes « Treg ». Or ces cellules ont pour mission de freiner les réponses immunitaires, en cas d’emballement du système.
Ainsi, les cellules de cancers de la vessie parviendraient à échapper au système immunitaire grâce à la lactadhérine : la protéine induirait le recrutement de lymphocytes Treg qui « musèleraient » l’immunité antitumorale. Cette découverte suggère que des médicaments bloquant la lactadhérine pourraient ralentir le développement des cancers de la vessie.
L’ARC a soutenu ce projet au travers d’une subvention de 50 000 euros accordée à Clothilde Théry.
« Oncogene »
Pour en savoir plus sur les cancers de la vessie
Crédit photo : NOAK Le Bar Floréal
Dernière mise à jour : 03-11-2010