En France, on estime que 13,5 % des salariés sont exposés à un ou plusieurs facteurs cancérogènes sur leur lieu de travail. Cela représente près de 2,37 millions de personnes. Les cancers professionnels touchent entre 13 000 et 30 0001 personnes par an.
Une brochure d’information pour mieux comprendre les cancers d’origine professionnelleDepuis 2002, l’ARC et la FNATH ont uni leurs compétences et expertises afin de soutenir des travaux scientifiques qui permettent de mieux comprendre l’origine des cancers professionnels et de conduire au développement de nouvelles stratégies de dépistage et de prévention.
En complément de ces actions, elles ont décidé de développer l’information au sujet des cancers d’origine professionnelle. La brochure, accessible et gratuite, publiée ce mois vise à répondre aux interrogations du public et à mieux appréhender ces cancers : qu’est ce qu’un cancer professionnel ? Quels sont les risques sur le lieu de travail ? Comment se protéger ? Que faire en cas d’exposition ? Comment faire reconnaître l’origine professionnelle du cancer ?
Un cancer est dit « professionnel » lorsqu’il est la conséquence de l’exposition d’un travailleur à un facteur cancérogène sur son lieu de travail. Les hommes sont plus touchés par ces cancers, représentant 84 % des cas, car ils ont plus fréquemment des métiers qui les confrontent à des agents cancérogènes. Dans 70 % des cas, les cancers d’origine professionnelle touchent les ouvriers. Selon l’Institut National de Recherche et Sécurité (INRS), les secteurs où le risque professionnel est le plus élevé sont l’industrie du bois, la métallurgie, la chimie et la plasturgie, le BTP et les carrières.
Les cancers professionnels les plus fréquents correspondent à des localisations variées : cancers du poumon, de la vessie, de la peau, du larynx… Il est estimé que chez les hommes, par exemple, 85 % des cancers de la plèvre ou encore 7 à 40 % des cancers du nez ou du sinus ont une origine professionnelle2.
Les substances ou produits à l’origine des cancers sont nombreux et largement présents dans le monde du travail. Il peut s’agir d’agents chimiques (l’amiante, les poussières de bois, les goudrons, les métaux lourds…), d’agents physiques (rayonnements radioactifs ou non) ou biologiques (certains virus comme ceux des hépatites). Les cancers se déclenchent des décennies après l’exposition à ces produits.
Pour un renseignement ou une aide, les salariés peuvent faire appel à différents interlocuteurs à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise : les délégués du personnel, le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), l’inspecteur du travail, le service de santé au travail ou encore les associations de victimes.
Selon le Ministère du Travail, seuls 4,4 à 8,7 % de ces cancers sont indemnisés par les organismes de protection sociale. Cette sous-reconnaissance rend indispensable une meilleure information des personnes exposées, des personnes retraitées mais aussi des professions médicales. Si la reconnaissance de l’origine professionnelle permet une meilleure indemnisation du patient, elle contribue aussi fortement à la prise de conscience des risques en milieu du travail et aux efforts de prévention.
La brochure « cancers professionnels, des clés pour agir » (32 pages) est disponible gratuitement sur les sites web :
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1 sources : Institut de veille sanitaire, Ministère du travail
2 source : Afsset, Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail
Dernière mise à jour : 11-06-2010
Séverine Voisin
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