L’entrée dans la maladieUne femme apprenant qu’elle a un cancer du sein passe par toutes sortes d’émotions, souvent contradictoires. Parfois, les personnes malades et leur famille éprouvent un sentiment de découragement ou de révolte. À d’autres moments, les sentiments peuvent aller de l’optimisme au désespoir, ou du courage à l’anxiété.
Toutes ces réactions sont parfaitement normales chez des personnes confrontées à un bouleversement de leur vie. En général, les patientes réagissent mieux face au choc émotionnel si elles peuvent en parler ouvertement avec leur famille ou des amis.
Les questions sur l’avenir, outre les interrogations plus immédiates concernant les examens, le traitement, le séjour à l’hôpital, les frais médicaux, se posent souvent. En parler avec les médecins, les infirmières et les autres membres du personnel soignant peut aider à soulager l’inquiétude. Les patientes doivent participer activement à leur « prise en charge » en posant des questions sur leur maladie et son traitement. Il est souvent utile de consigner par écrit les questions à poser au médecin au moment où elles viennent à l’esprit. La prise de notes lors de la visite médicale peut aider à se remémorer un sujet particulier de la discussion. Il ne faut pas hésiter à demander au médecin d’expliquer tous les points qui paraissent peu clairs. Les patientes peuvent avoir beaucoup de questions médicales importantes à poser ; le médecin est la personne la mieux placée pour y répondre. Par ailleurs, la rencontre avec un psychologue ou un psycho-oncologue peut être proposée aux patientes qui en ont besoin.
Le service social de l’hôpital ou de la clinique peut aussi orienter la malade ou ses proches pour tous les aspects pratiques gravitant autour de la maladie : rééducation, soutien psychologique, aides financières, transport, soins à domicile. Enfin, les associations de patients sont très actives (voir la rubrique Contacts utiles) : elles délivrent des informations sur la maladie, les traitements, les droits des patients… Elles proposent aussi souvent un soutien aux malades par le biais d’une ligne téléphonique dédiée ou de réunions entre patientes.
Au terme du traitement, une surveillance régulière est nécessaire pendant plusieurs années afin de s’assurer que le cancer ne récidive pas. Lors des visites de contrôle, dont la fréquence décroît avec le temps, le médecin interroge la patiente et ausculte ses seins, ses aisselles et son cou et fait un examen clinique complet. Il examine particulièrement le sein traité, l’autre sein et les aires ganglionnaires afin de rechercher tout signe de récidive. La patiente doit signaler au médecin tout symptôme anormal persistant, même anodin.
Toutes les femmes traitées pour un cancer du sein doivent réaliser une mammographie annuelle du sein non traité durant les premières années suivant le traitement. Cet examen permet de surveiller l’apparition d’un autre cancer. Celles qui ont bénéficié d’une chirurgie conservatrice doivent aussi réaliser une mammographie* annuelle du sein traité pour y rechercher les signes d’une éventuelle récidive locale.
En cas d’anomalie à l’imagerie ou de symptômes anormaux, des examens complémentaires sont prescrits.
| Sexualité et cancer du sein En touchant l’un des organes symboliques de la sexualité et de la féminité, le traitement d’un cancer du sein peut entrainer une perturbation du désir de la femme mais également de celui de son partenaire. La maladie apporte une reconsidération du couple et une remise en cause de la relation. Le dialogue et éventuellement des traitements adaptés à certains effets secondaires des thérapeutiques du cancer peuvent aider à franchir ce cap délicat. Un spécialiste peut également avoir son rôle à jouer. |
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Marc Espié, Maître de Conférence des universités, praticien hospitalier et responsable du centre des maladies du sein à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.
Crédit photo : Burger/Phanie
Dernière mise à jour : 22-12-2011