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Adopter une alimentation équilibrée et variée

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Notre alimentation peut contribuer à réduire notre risque de cancer. Deux idées clés pour y parvenir : modération et variété.

Les études de population conduites depuis des années à travers le monde ont permis de distinguer plusieurs types d’aliments qui augmenteraient ou, à l’inverse, qui diminueraient le risque de survenue de cancers. En matière d’alimentation, les études épidémiologiques étant particulièrement difficiles car il est difficile de contrôler ce que mangent les patients sur des longues années, le niveau de preuve scientifique du risque ou du bénéfice de certains aliments ou composés alimentaires n’a pas la même rigueur que pour le tabac et l’alcool. La tempérance, un bon équilibre alimentaire, un poids contrôlé et une activité physique régulière sont les recommandations les plus importantes.

La viande rouge et la charcuterie

Une consommation quotidienne moyenne de plus de 100 g de viande rouge augmente le risque de cancer du côlon et du rectum de 29 % ; celle de 50 g de charcuterie par jour augmente le risque de 21 %. Le phénomène est lié à la composition et/ou à plusieurs mécanismes survenant dans le tube digestif à la suite de l’ingestion de ces aliments, tels que les composés nitrités contenus dans les charcuteries, les produits nocifs engendrés par une forte cuisson, le taux élevé de fer de la viande rouge… La viande rouge présentant parallèlement un intérêt nutritif (source de protéines, fer, vitamine B12), il n’est pas recommandé d’arrêter sa consommation mais plutôt d’en réduire les quantités. Le Plan national nutrition santé (PNNS) 2006-2010 recommande d’en consommer 500 g au maximum par semaine. La charcuterie, elle, présente moins d’intérêt en termes nutritionnels : il s’agit de produits relativement gras et salés, dont la consommation doit être limitée.

Le sel et les produits salés

Le sel consommé régulièrement en fortes quantités peut avoir des effets néfastes. L’utilisation de sel dans les procédés de préservation des aliments augmente le risque de cancer gastrique. Le PNNS 2006-2010 préconise de réduire la consommation globale en sel en dessous de 8 g/jour. Cette quantité comprend l’utilisation du sel de table mais aussi les sources indirectes d’apport en sel : pains, soupes, viennoiseries, produits apéritifs salés, fromages, pizzas… Or, les statistiques montrent que deux-tiers des français et un quart des françaises consomment plus de 8 g de sel par jour. Il est donc recommandé de veiller à limiter sa consommation de sel, notamment en limitant l’ajout de sel de table. On doit aussi privilégier la cuisine maison, dans laquelle les quantités de sel sont maîtrisées plutôt que les préparations et plats cuisinés industriels dans lesquelles le taux de sel est fixe et souvent élevé.

Les fruits et légumes

Les fruits et légumes sont riches en micronutriments et en fibres qui ont un effet bénéfique démontré lorsqu’ils sont apportés en quantités nutritionnelles. Ils permettent de limiter les étapes de la cancérogenèse. Par ailleurs, des effets préventifs ont été spécifiquement mis à jour entre certains nutriments et certains types de tumeurs : on sait par exemple que les aliments riches en sélénium et/ou en lycopènes réduisent le risque de cancer de la prostate et, que les fibres réduisent le risque de cancer du côlon.

Il est donc essentiel de consommer suffisamment de fruits (hors fruits secs) et de légumes (hors féculents, légumes secs et graines) tout au long de la journée. La recommandation de « 5 fruits et légumes par jour » prévaut. Pourtant, 43 % des français ne répondrait pas à cette préconisation. Le PNNS 2006-2010 vise à réduire le nombre de petits consommateurs de 25 % et à favoriser une consommation minimale de 400 g de fruits et légumes par jour, sous toutes leur forme (crus ou cuits, frais, surgelés ou en conserve).

Compléments alimentaires et cancer

Le marché des compléments alimentaires se développe fortement en France. Ces produits sont des gélules ou des comprimés contenant plusieurs types de micronutriments (vitamines, minéraux, acides gras ou acides aminés). Ils sont destinés à être consommés en plus de l’alimentation, dans le but d’éviter les carences nutritionnelles.

Selon les experts de la nutrition, avoir une alimentation variée et équilibrée permet de répondre aux besoins de l’organisme et limite les risques de déficits en vitamines, minéraux... Dès lors, l’intérêt des compléments alimentaires n’est pas démontré (sauf dans des situations particulières telles que la grossesse…).

Par ailleurs, plusieurs facteurs limitent leur intérêt pour la santé :

Il est démontré que certains micronutriments agissent en synergie avec d’autres composés présents dans le fruit ou le légume dont ils proviennent. Apportés de façon isolée dans une formulation pharmaceutique, ils n’apportent pas le même bénéfice pour l’organisme.
La consommation régulière de compléments alimentaires pourrait exposer à des risques néfastes : en effet, certains micronutriments ne sont bénéfiques qu’à doses nutritionnelles. Lorsque la dose est supérieure, ils peuvent, au contraire, s’avérer délétères. Ainsi, les béta-carotènes - naturellement présents dans le chou vert, les carottes ou les épinards- ont un effet anti-oxydant intéressant dans les aliments. Ils réduisent notamment le risque de cancer de l’œsophage. En revanche, apportés régulièrement sous forme de compléments alimentaires, les béta-carotènes augmentent le risque de cancer du poumon chez les sujets qui sont par ailleurs exposés à un facteur de risque (tabac, amiante).

De nombreuses études sont actuellement conduites sur l’intérêt de la complémentation alimentaire. Pour l’heure, aucun n’a démontré un bénéfice clinique. Quant à leur possible effet délétère, les suspicions persistent et font aussi l’objet de recherches.

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr. Aimery de Gramont, chef du service d'oncologie médicale à l'Hôpital Saint-Antoine (Paris) 

Crédit photo 1 : Voisin / Phanie

Crédit Photo 2/3 : IstockPhoto

Dernière mise à jour : 02-03-2011

 

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