Utiliser les cellules du système immunitaire pour combattre les cancers ou renforcer l’effet des traitements anticancéreux conventionnels (chimiothérapie et radiothérapie) est une stratégie de plus en plus porteuse d’espoir : une équipe canadienne vient de présenter une nouvelle approche allant dans ce sens, se fondant sur la stimulation de cellules du système immunitaire qui sont naturellement capables de tuer les cellules cancéreuses. On les appelle les cellules NK, pour « natural killer ».
En étudiant la biologie de ces cellules, le Dr André Veillette et ses collègues ont découvert qu’elles portent à leur surface une molécule qui joue un rôle central dans leur capacité à éliminer les cellules cancéreuses (ainsi que les cellules infectées par des virus). Les chercheurs ont ensuite montré qu’il est possible d’augmenter leur activité de tueuses en stimulant cette molécule de surface.
Cette découverte a été réalisée dans des systèmes expérimentaux, reste maintenant à trouver le moyen de reproduire cet effet dans l’organisme d’un patient.
L’ARC soutient la recherche sur les « natural killers ». A Montpellier, une équipe de chercheur du Centre Paul Lamarque Val d’Aurelle développe une autre stratégie visant à stimuler l’activité anti-cancer des cellules « natural killer ». Emmanuelle Campigna, Bruno Robert et leurs collègues travaillent à la mise au point de biomolécules combinant des anticorps qui reconnaissent les cellules tumorales et des molécules qui activent des cellules NK. L’efficacité anti-tumorale de ces biomolécules a déjà pu être démontrée in vitro. Des études précliniques sont en cours.
Cruz-Munoz et coll. « Nature Immunology » du 18 janvier 2009, disponible en ligne sur www.nature.com/ni (article en anglais, payant)
Photo : Lymphocyte T, © D.R.
Dernière mise à jour : 30-01-2009