Une équipe allemande travaille à la mise au point d’un traitement du cancer associant deux stratégies antitumorales prometteuses : les virus oncolytiques et les agents anti-angiogéniques. La première de ces stratégies permet de tuer les cellules tumorales, la seconde d’asphyxier les survivantes.
Les virus oncolytiques sont des virus généralement non pathogènes pour l’homme, qui infectent spécifiquement les cellules tumorales. Une fois qu’ils s’y sont introduits, ils s’y multiplient et conduisent à la destruction de ces cellules.
De leur côté, les anti-angiogéniques sont des molécules qui empêchent la formation des réseaux de vaisseaux sanguins nécessaires à l’alimentation et à l’oxygénation des tumeurs. Leur activité inhibe la croissance tumorale en privant les cellules des « carburants » nécessaires à leur multiplication. Aladar Szalay et ses collaborateurs de l’université de Würzburg ont eu l’idée de combiner les deux approches en modifiant le patrimoine génétique d’un virus oncolytique de manière à ce qu’il produise un agent anti-angiogénique. Le virus ainsi se multiplie dans les cellules tumorales tout en produisant la molécule anti-angiogénique. Les cellules infectées sont détruites par le virus et les cellules tumorales alentours qui ont échappé à l’infection ne sont plus en mesure de s’alimenter.
L’administration de ce virus modifié a été testée sur des modèles précliniques. Ces expériences montrent qu’il possède une efficacité antitumorale aussi importante qu’une injection d’un virus oncolytique classique associée à de multiples injections de médicaments anti-angiogéniques. Il reste toutefois à vérifier que cette nouvelle approche thérapeutique ne présente aucun risque pour la santé humaine.
A. Frentzen et coll., « Proc Natl Acad Sci USA », édition en ligne avancée
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Dernière mise à jour : 14-08-2009