Une étude américaine vient de montrer que les patientes diabétiques traitées à la metformine répondent mieux que les autres aux chimiothérapies néoadjuvantes administrées dans le cadre de la prise en charge d’un cancer du sein.
Cette observation vient renforcer le faisceau de données suggérant que la metformine, un médicament utilisé dans le traitement du diabète de type 2, pourrait avoir une activité antitumorale. Des études épidémiologiques ont en effet déjà indiqué que la metformine semble diminuer l’incidence des cancers et la mortalité associée. De plus, des expériences conduites in vitro ont montré que le médicament freine la multiplication des cellules tumorales.
Ana Gonzales-Angulo et ses collaborateurs de l’université du Texas ont fondé leur étude sur les données relatives à près de 3 000 patientes traitées pour un cancer du sein. Parmi elles, 155 étaient diabétiques, dont 68 traitées à la metformine.
Les chercheurs ont observé que le taux de réponse complète à la chimiothérapie était significativement supérieur dans ce dernier sous-groupe de patientes (24 %, contre 8 % chez les diabétiques non traitées à la metformine et 16 % chez les non diabétiques).
Ce résultat ne fait que renforcer l’idée selon laquelle le médicament pourrait avoir un grand intérêt en cancérologie. Un essai clinique de phase III visant à tester cette hypothèse va d’ailleurs prochainement débuter au Canada. Il cherchera à évaluer l’effet de la metformine sur l’évolution des cancers du sein (notamment en termes de récidive et de mortalité).
S. Jiralerspong et coll., « Journal of Clinical Oncology », juillet 2009, vol. 20, pp. 3297-3302
L’ARC soutient la recherche sur l’activité antitumorale de la metformine. L’ARC a attribué une subvention de 50 000 euros à Frédéric Boost (Centre méditerranéen de médecine moléculaire, Nice) pour soutenir ses recherches sur l’intérêt de la metformine dans la prise en charge du cancer de la prostate. Le chercheur et ses collaborateurs étudient les mécanismes impliqués dans l’activité antitumorale du médicament antidiabétique. Ils comptent en outre déterminer s’il est capable d’inhiber la formation des métastases et quels sont les agents de chimiothérapie classiques avec lesquels il faut l’associer pour obtenir le meilleur effet thérapeutique possible.
Crédit photo : iStockPhoto
Dernière mise à jour : 11-08-2009