Pour la première fois, une donnée scientifique suggère qu’il existe peut-être un lien entre stress et cancer : une équipe de chercheurs américains vient en effet de découvrir qu’une hormone de réponse au stress, la noradrénaline, stimule la croissance de certaines cellules tumorales. La bonne nouvelle, c’est qu’il semble possible de contrecarrer les effets de cette hormone grâce à une famille de médicaments bien connus, les bêtabloquants (notamment utilisés pour traiter l’hypertension artérielle).
Ronald Glaser et ses collaborateurs ont découvert ce phénomène en étudiant des cellules de mélanomes malins cultivées en laboratoire. Les chercheurs ont observé que la présence de noradrénaline dans le milieu de culture conduit les cellules tumorales à fabriquer plusieurs facteurs favorisant la croissance tumorale. L’addition de bêtabloquants s’oppose à ce mécanisme en bloquant la cible de la noradrénaline.
Ces résultats sont intrigants mais les chercheurs soulignent qu’ils sont loin d’être suffisants pour affirmer qu’un stress peut accélérer le développement d’un cancer ou que la prise de bêtabloquant va ralentir la progression de la maladie. De nombreuses expériences complémentaires devront être conduites pour confirmer ou infirmer ces hypothèses.
Eric Yang et col., « Brain, Behavior and Immunity » du 2 février 2009. Disponible en ligne sur www.sciencedirect.com (article en anglais, accès payant)