En « nourrissant » les tumeurs avec une protéine fluorescente, des médecins allemands sont parvenus à mettre au point un protocole qui pourrait grandement améliorer le traitement chirurgical d’une catégorie de tumeur cérébrale, les gliomes.
L’efficacité des traitements chirurgicaux des cancers repose sur la capacité des chirurgiens à retirer la totalité des cellules tumorales de l’organisme des patients. Dans certains cas, ce but est particulièrement complexe à atteindre : si certaines tumeurs correspondent à des masses sphériques bien délimitées, d’autres sont beaucoup plus « informes ». C’est notamment le cas des gliomes qui s’étendent dans le cerveau des patients en formant de fines extensions qui envahissent le tissu sain alentour. Pour parvenir à « voir » ces extensions et les retirer plus facilement par chirurgie, le Dr Eva Frei et ses collaborateurs ont eu l’idée de nourrir la tumeur avec une protéine fluorescente.
Comme toutes les cellules tumorales, celles des gliomes ont besoin de beaucoup d’énergie. Parmi les différentes molécules qu’elles pompent avidement dans le sang pour se nourrir, l’équipe allemande a choisi de s’intéresser à l’albumine. Les chercheurs ont combiné cette protéine à une molécule fluorescente, puis ils ont injecté le complexe à treize patients porteurs d’un gliome, un à quatre jours avant de les opérer.
Chez onze des treize patients, l’albumine fluorescente s’est effectivement accumulée dans les cellules du gliome, facilitant la détection et le retrait de la tumeur. Les données obtenues dans ce petit échantillon de patients indiquent que la méthode est non seulement assez efficace, mais qu’elle serait par ailleurs dépourvue d’effet secondaire toxique.
Kremer et coll., « Neurosurgery », mars 2009
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Dernière mise à jour : 17-04-2009