Le Danemark pourrait devenir le premier pays à reconnaître que le cancer du sein est une maladie professionnelle lorsqu’il survient chez des femmes qui ont travaillé la nuit durant de nombreuses années. Le pays scandinave a d’ores et déjà décidé d’attribuer une indemnité compensatoire à une petite quarantaine de femmes touchées par la maladie à l’issue d’une vie professionnelle qui les a conduit à travailler en horaires décalés pendant plusieurs décennies.
Cette décision se fonde principalement sur un avis du Centre international de recherche sur le Cancer (CIRC, Lyon) indiquant que les horaires de travail décalés qui entraînent une rupture du cycle naturel jour/nuit sont « probablement cancérogènes pour les humains ».
Cet avis repose sur l’analyse de données épidémiologiques et de données biologiques obtenues dans des modèles précliniques. La première série de données indique que le risque de cancer du sein est majoré chez les femmes qui travaillent régulièrement de nuit. La seconde montre que l’altération du rythme jour/nuit (rythme « circadien ») augmente l’incidence des tumeurs. Le phénomène serait lié au fait qu’être exposé à la lumière pendant la nuit provoque une suppression de la sécrétion mélatonine, « l’hormone du sommeil ». Cette suppression conduirait à une dérégulation de la production d’autres hormones, en particulier à celle des œstrogènes.
Dans un communiqué de presse annonçant la prochaine publication d’une monographie sur les relations entre le travail en horaire décalé et le risque de cancer, le Dr Cogliano (CIRC) a rappelé que près de 20 % des travailleurs européens et américains du nord sont concernés par cette situation.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site web du CIRC : www.iarc.fr
Crédit photo : iStockPhoto
Dernière mise à jour : 03-04-2009