Une équipe de scientifiques s’est récemment penchée sur une curiosité épidémiologique : le cancer de l’œsophage est significativement plus fréquent dans le nord de l’Iran que dans la population générale. Leurs travaux indiquent que le phénomène est lié à une habitude de la population locale : boire de nombreuses tasses de thé brûlant tout au long de la journée. En regardant de plus près les données recueillies auprès des habitants, les chercheurs ont observé que le risque de cancers de l’œsophage n’était augmenté que chez les personnes qui boivent leur thé à une température particulièrement élevée, supérieure à 60°C. A cette température, la boisson agit probablement en irritant l’œsophage, provoquant une inflammation qui peut elle-même conduire à la transformation des cellules saines en cellules tumorales. Selon eux, il est aussi possible que le liquide particulièrement chaud cause des lésions des tissus qui tapissent l’œsophage, augmentant la susceptibilité des cellules aux agents cancérogènes comme la fumée, l’alcool ou certaines substances présentes dans les aliments.
Pour interpréter les résultats de leur étude, les chercheurs précisent que boire du thé ou toute autre boisson à une température supérieure à 60°C est une habitude rare. Pour un européen, un thé brûlant est à 56°C. Or selon les données recueillies en Iran, boire du thé à moins de 60°C n’augmente pas le risque de cancer de l’œsophage.
Soyons donc rassurés et continuons à apprécier cette boisson qui, par ailleurs, contient des antioxydants connus pour diminuer le risque de certains cancers.
Islami et coll., « British Medical Journal » du 26 mars 2009
Crédit photo : istockPhoto
Dernière mise à jour : 20-04-2009